Burundi : des centaines de réfugiés burundais expulsés de Tanzanie

Sur cette photo d'archive prise le samedi 23 mai 2015, des réfugiés burundais attendent d'embarquer à bord d'un navire affrété par l'ONU, à Kagunga, en Tanzanie.   -  
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Chaque jour, à la frontière entre le Burundi et la Tanzanie, ces bus transportent des Burundais qui rentrent chez eux. Au fil des années, ils sont nombreux à avoir quitté leur pays, en proie à l'instabilité politique et à des crises économiques. Mais ces dernières semaines, le gouvernement tanzanien a démantelé deux grands camps de réfugiés dans le cadre d'une initiative lancée en 2017 visant à renvoyer des milliers de demandeurs d'asile chez eux.

"Je suis heureux d'être revenu dans mon pays. Je n'ai pas fui la guerre, j'étais là-bas pour des raisons économiques. Je suis content parce que je vais chercher des moyens de survivre ici avec ma famille, et les enfants pourront retourner à l'école", confie Paul Kabura, rapatrié après neuf ans d'exil. Pour Vestine Uwizeyimana, rapatriée après 10 ans d'exil, ce départ est plus difficile à accepter : "Les autorités tanzaniennes ont fermé le marché, elles ont fermé les écoles et nos enfants ne pouvaient plus étudier, elles ont détruit nos maisons – vous pouvez voir que nous ne pouvons pas dire que la situation était bonne. Nous n'avions pas le droit de nous déplacer, nous étions comme des prisonniers."

Fin novembre 2025, plus de 140 000 réfugiés burundais étaient présents en Tanzanie voisine, fuyant des années de troubles civils dans leur pays.

Selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés, ils sont des milliers à avoir besoin d’une protection internationale en Tanzanie malgré le processus de rapatriement enclenché. 

"Nous venons d'accueillir 4 200 rapatriés du camp de réfugiés de Nduta en Tanzanie. Comme vous l'avez vu, cela représente beaucoup de travail et les gens sont très, très heureux d'être de retour", explique Bernard Ntwari, porte-parole du HCR au Burundi.

Jusqu'à 17 000 personnes déclarent ne pas pouvoir rentrer chez elles par crainte de persécutions politiques. Parmi elles figurent des membres de l'opposition et d'anciens militaires.

Le Haut Commissariat aux réfugiés ajoute que des abris pour réfugiés sont "démolis" et certains réfugiés burundais sont victimes de "mauvais traitements" lors de ces rapatriements. 

L’agence onusienne dénonce ces méthodes affirmant que les réfugiés et les demandeurs d’asile ne doivent pas être renvoyés dans un lieu où leur vie ou leur liberté seraient menacées.

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