La Russie aurait recruté plus de 1 000 Kenyans pour combattre en Ukraine

Au Kenya, Bibiana Wangari rend hommage à son fils Charles Waithaka, tué dans la guerre Russie-Ukraine, dont le corps n’a pas été récupéré.   -  
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Plus de 1 000 Kenyans auraient rejoint l’armée russe pour combattre en Ukraine, la plupart après avoir été trompés et contraints de signer des contrats militaires, selon un rapport des services de renseignement présenté au Parlement kényan.

Une enquête conjointe du National Intelligence Service et de la Directorate of Criminal Investigations, dévoilée mardi, estime le nombre de recrues à « plus de 1 000 », un chiffre bien supérieur aux « environ 200 » évoqués par les autorités en décembre.

Plusieurs enquêtes médiatiques, dont une publiée récemment par l’AFP, ont révélé comment la Russie attire des hommes originaires de pays africains avec la promesse d’emplois bien rémunérés, avant de les envoyer sur la ligne de front en Ukraine.

Des départs via la Turquie et les Émirats

Selon Kimani Ichung’wah, chef de la majorité parlementaire, les recrues quittent le Kenya avec des visas touristiques, transitant notamment par Istanbul en Turquie et Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.

Le renforcement des contrôles à l’aéroport de Nairobi aurait toutefois poussé certains candidats à passer par d’autres pays africains pour éviter d’être repérés. Le rapport pointe également la complicité d’agences de recrutement non agréées et de membres du personnel aéroportuaire.

Des dizaines de morts et disparus

D’après les chiffres communiqués au Parlement, au moins 39 Kenyans seraient actuellement hospitalisés, 28 portés disparus et 89 engagés sur le front ukrainien.

Le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, doit se rendre à Moscou le mois prochain pour évoquer la situation. Le gouvernement a condamné l’utilisation de ses ressortissants « comme chair à canon ».

L’Ouganda et l’Afrique du Sud figurent également parmi les pays africains ciblés par ces campagnes de recrutement, alors que la Russie subit de lourdes pertes en Ukraine.

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