A Muwasi, dans l'enclave palestinienne, trouver de l'eau ou de la nourriture reste un exercice difficile pour les déplacés quatre mois après le cessez-le-feu conclu entre le Hamas et Israël.
Gaza : des déplacés toujours livrés à la précarité malgré la trêve
vendredi de nombreux déplacés faisaient la queue devant un point de distribution d’eau dans le camp de déplacés de Muwasi, au sud de Gaza.
Ces palestiniens attendaient patiemment pendant de longues heures pour remplir leurs récipients de quelques litres d’eau. Alors que la région est confrontée à une pénurie de l’or bleu.
Il faut utiliser le précieux liquide avec parcimonie jusqu’à ce que la prochaine distribution prévue le lendemain.
'' Il nous faut trois à quatre heures pour remplir deux ou trois gallons d'eau, soit 100 litres. La pénurie d'eau est insupportable. Nous devons marcher un à deux kilomètres (1,2 mile) pour remplir nos bidons.'', raconte Mohammad Abu Rabie, Palestinien déplacé de Rafah.
Un exercice éreintant pour obtenir un liquide vital. A Muwasi, la pénurie d’eau plombe depuis des années le quotidien des habitants. La situation s'est détériorée davantage en raison de l'arrivée de nombreux déplacés, fuyant les opérations de l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne.
''Nous sommes venus ici pour trouver de l'eau. Il n'y a pas d'eau potable, ni même d'eau pour se laver, cuisiner ou boire. Il n'y a pas d'eau du tout dans la région de Muwasi. C'est une région pauvre. Même avant la guerre, c'était une région isolée sans eau, où tous les produits de première nécessité étaient indisponibles. Nous venons de loin, nous marchons près de deux kilomètres en transportant nos bidons d'eau. Il n'y a pas de moyen de transport. Nous sommes épuisés.'', explique Saddam Naji, Palestinien déplacé de Rafah.
Outre le difficile approvisionnement en eau, ces déplacés font aussi face à une pénurie alimentaire prolongée. Et dépendent désormais des cuisines caritatives. Alors que le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre à Gaza a desserré l’étau humanitaire, mais la précarité subsiste.
'' La situation des gens est désastreuse. Que Dieu les aide. Ils n'ont pas les moyens. Ils viennent aux soupes populaires, et il y a la famine. Il y a de la nourriture, mais les gens ne sont pas en mesure d'en acheter. Il n'y a pas de revenus. Je n'ai pas de revenus.'', raconte Tamara al-Masry, Palestinienne déplacée de Beit Hanoun.
Selon l’ONU, depuis le cessez-le-feu en octobre, les distributions d’eau ont atteint au moins 1,6 millions de personnes à Gaza. Mais la malnutrition reste une préoccupation majeure dans l’enclave.