Les autorités libyennes ont ouvert une enquête après l’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi. Il a été tué à Zintan, dans le nord-ouest de la Libye.
Libye : une enquête ouverte après l’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi
Le parquet a annoncé l’envoi d’experts médico-légaux sur place et indique que les enquêteurs tentent d’identifier les auteurs du meurtre, tout en recueillant les témoignages de personnes susceptibles d’éclairer les circonstances de l’attaque. Pour certains analystes, cette mort pourrait modifier les équilibres déjà fragiles du paysage politique libyen. Seif al-Islam Kadhafi incarnait l’un des pôles hérités de l’ère post-Kadhafi, face aux camps rivaux de l’ouest et de l’est du pays.
Des craintes, mais aussi du scepticisme. Dans les rues, les réactions sont contrastées. Certains redoutent une nouvelle escalade des tensions.
« L’élimination de Seif al-Islam à ce moment précis aura un impact significatif sur la scène politique libyenne. J’espère vraiment que cela ne déclenchera pas une guerre », confie Marwan Salama, ouvrier journalier.
D’autres, en revanche, estiment que sa mort ne changera rien à la réalité du pouvoir sur le terrain.
« Il n’y aura pas d’impact économique ou politique. Les forces qui contrôlent le pays aujourd’hui ne seront pas affectées », affirme Abdelraouf Zridi, également ouvrier journalier.
Plus de dix ans après le soulèvement de 2011 soutenu par l’OTAN, qui a renversé Mouammar Kadhafi, la Libye reste profondément fragmentée. Le pays est partagé entre un gouvernement soutenu par l’ONU, basé à Tripoli, et une administration rivale dans l’est, appuyée par le maréchal Khalifa Haftar.
Arrêté en novembre 2011 dans le sud de la Libye à la suite d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes présumés contre l’humanité, Seif al-Islam Kadhafi avait été condamné à mort en 2015 par un tribunal de Tripoli, à l’issue d’un procès expéditif. Il avait ensuite bénéficié d’une amnistie.
En 2021, il avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, un scrutin finalement reporté sine die, laissant le pays dans une impasse politique durable.