Afrobeats : collaboration franco-nigériane à Lagos pour les hits de demain

Pendant près d’une semaine, neuf artistes français issus du rap, de la pop et des musiques urbaines ont travaillé aux côtés de talents nigérians de Mavin Records.   -  
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Agences

À Lagos, capitale culturelle et musicale du Nigeria, neuf artistes français issus du rap, de la pop et des musiques urbaines ont rejoint les talents du label nigérian Mavin Records pour un camp d’écriture inédit. En moins d’une semaine, près de soixante morceaux ont été créés, mêlant influences françaises, nigérianes et internationales.

Le beatmaker français Nassim Diane, alias Voluptyk, souligne l’importance de ce type d’échange : « Je sens que, surtout ces dernières années, il y a une très forte influence nigériane dans la musique à l’échelle mondiale. Et je pense que c’est vraiment intéressant pour les artistes de venir au Nigeria afin de puiser directement dans ces inspirations et ces influences. »

Les artistes nigérians ont eux aussi apprécié cette rencontre culturelle. Olubukola Ireti Holo, connue sous le nom d’Ohla, raconte : « Je pense que c’est très important de vivre ce type d’échange. Ce camp m’a vraiment montré une facette de la musique que je ne connaissais pas du tout. Et c’est ce que Shannon a réussi à me transmettre à travers sa musique et son style. »

L’originalité de ce camp réside dans la rencontre de styles différents. La chanteuse française Shannon, originaire de Martinique, explique : « L’Afrobeats est très rythmé mais reste assez doux dans la manière de chanter. Le shatta, en tout cas le mien, est beaucoup plus agressif, très axé sur le débit. C’est l’opposé. Et ce sont justement ces contrastes, ces opposés qui s’attirent, qui fonctionnent. Ça se mélange à merveille. »

Pour le label nigérian, ces collaborations sont une vraie opportunité d’internationalisation. Kizito Ahams, responsable licences et édition chez Mavin Records, souligne : « C’est la première fois que nous accueillons ici des talents venus directement de France avec une telle explosion culturelle dans la musique. C’est remarquable de voir ce qui se crée : des touches de français, du pidgin nigérian… C’est une connexion magnifique. Et jusqu’à présent, nous avons découvert énormément de morceaux très, très prometteurs. »

Après le camp, les artistes de Mavin Records sélectionneront les morceaux les plus forts pour les enregistrer et les proposer au public international. L’expérience montre que l’Afrobeats, né dans les années 1970 avec Fela Kuti, continue de se réinventer et de séduire de nouvelles audiences grâce aux échanges créatifs entre l’Afrique et le reste du monde.

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