Des étendues d’eau brunâtre à perte de vue, des habitations submergées et des survivants réfugiés sur les toits : au Mozambique, la montée brutale des eaux a transformé des régions entières en zones sinistrées.
Mozambique : le bilan des inondations continue de s’alourdir
Les images aériennes, montrant un hélicoptère de secours en pleine opération d’évacuation, illustrent l’urgence d’une situation où l’accès terrestre est devenu impossible dans de nombreux districts.
Selon les données de l’Institut national de gestion des catastrophes (INGD), plus de 110 personnes ont perdu la vie depuis le début de la saison des pluies en octobre, dont 14 au cours de la semaine écoulée. Les crues soudaines ont provoqué le débordement de plusieurs fleuves, notamment le Limpopo, engloutissant des quartiers entiers et forçant des milliers de familles à fuir dans la précipitation. À Xai-Xai, dans le sud du pays, les eaux ont envahi la ville, paralysant toute activité et piégeant de nombreux habitants.
La gravité de la situation a conduit le président Daniel Chapo à annuler son déplacement au Forum économique mondial de Davos afin de suivre personnellement les opérations de secours. Plus de 432 000 personnes ont été touchées par les inondations à l’échelle nationale et près de 49 000 ont été évacuées vers des centres d’hébergement d’urgence, selon l’UNICEF. Ces structures, souvent précaires, peinent toutefois à répondre à l’afflux de sinistrés et à leurs besoins essentiels.
Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme. Save the Children dénonce une crise qui frappe des communautés déjà fragilisées par la pauvreté et l’insécurité alimentaire. WaterAid, qui a suspendu ses activités dans plusieurs villes inondées, met en garde contre une détérioration rapide de la situation sanitaire et la propagation de maladies hydriques, des cas de choléra ayant déjà été détectés.
Alors que les prévisions météorologiques annoncent de nouvelles précipitations, le Mozambique reste suspendu aux opérations de sauvetage, souvent menées depuis les airs. Pour de nombreux sinistrés, l’hélicoptère de secours demeure le seul lien avec l’aide humanitaire et l’espoir d’une mise à l’abri, dans un pays confronté de plein fouet aux effets de plus en plus visibles du dérèglement climatique.