Le Soudan traverse une crise énergétique majeure. La guerre civile qui oppose depuis avril 2023 les Forces armées soudanaises (SAF) aux Forces de soutien rapide (FSR) a paralysé les principaux champs pétrolifères et endommagé les infrastructures stratégiques, entraînant l’arrêt quasi total de la production.
Au Soudan, la guerre paralyse le secteur du pétrole
En décembre, le champ pétrolier de Heglig, le plus important du pays, a été entièrement fermé, et tout le personnel évacué face à l’escalade des violences. La plupart des autres champs situés dans les régions centrales et occidentales ont également cessé leurs activités. Selon le ministère des Finances, la production pétrolière a chuté de plus de 50 % depuis le début du conflit.
« Le conflit a gravement affecté l’industrie pétrolière soudanaise. Raffineries, pipelines et installations de stockage ont été endommagés, et même Port-Soudan a été ciblé par des attaques de drones », explique Mohamed Alnair, économiste.
La raffinerie de Khartoum, qui fournissait autrefois près de 70 % des besoins nationaux en carburants, reste fermée. Privé de cette capacité, le pays dépend désormais des importations de diesel, d’essence et de gaz, elles-mêmes fragilisées par les attaques.
« Nous ne pouvons pas raffiner notre production sur place et dépendons entièrement des importations. Et désormais, les produits importés, diesel, essence, gaz, sont eux aussi touchés par les attaques sur les dépôts. Nous faisons face à une pénurie de produits raffinés, ce qui impacte directement la population », confirme Ayman Al-Goukh, expert en énergie.
Depuis 2024, la pénurie de carburants s’étend progressivement des zones de conflit vers des régions plus sûres, comme l’État de la Mer Rouge. De nombreuses stations-service restent fermées et celles encore ouvertes subissent des interruptions fréquentes, obligeant les habitants à patienter de longues heures. Cette situation entraîne également de longues coupures d’électricité, paralysant la vie quotidienne.
Même à Port-Soudan, éloignée des principaux foyers de combat, les habitants subissent les effets de la crise. Le coût de la vie et du transport augmente, tandis que l’électricité fait défaut plusieurs heures par jour.
« L’électricité est coupée de six à huit heures chaque jour. Avec des températures pouvant atteindre 50°C en été, la vie devient extrêmement difficile. Nous espérons que la paix reviendra rapidement au Soudan pour que la vie reprenne son cours normal », confie Amin, un résident local.