Ouganda : le scrutin perturbé, l'opposition dénonce des "manœuvres"

Un partisan du président ougandais et candidat à la présidence du Mouvement national de résistance (NRM), Yoweri Museveni, marche dans une rue lors d'un rassemblement.   -  
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Alors que les Ougandais sont appelés aux urnes ce jeudi dans le cadre des élections présidentielles et législatives, l’opposition dénonce des manœuvres du président Museveni visant à le maintenir au pouvoir. Celui qui dirige le pays depuis 1986 entend bien briguer un 7ème mandat.

L'ancien combattant de la guérilla est confronté à un opposant de taille, chanteur devenu homme politique, Bobi Wine, 43 ans, se présente comme le "président du ghetto" en référence à sa popularité dans les bidonvilles de Kampala.

Dans de nombreuses régions, le vote a commencé avec un important retard, plusieurs heures après l'ouverture prévue des bureaux de vote. En cause, des dysfonctionnements sur les machines biométriques utilisées pour vérifier l'identité des électeurs. Autre souci avancé, la non-livraison des urnes, dans plusieurs quartiers de Kampala et dans la ville voisine de Jinja. Dans un bureau de vote de la banlieue de Kampala, le vote a commencé avec quatre heures de retard après que les responsables soient passés à la vérification manuelle.

"Ils essaient de voler le scrutin", a déclaré Respy, une femme d'une vingtaine d'années. "Ils essaient de nous fatiguer pour que nous rentrions chez nous".

David Lewis Rubongoya, secrétaire général de la plateforme d'opposition National Unity Platform, a déclaré avoir parcouru la capitale et constaté qu'"aucun vote n'avait lieu" dans la plupart des endroits.

"Tout ce qu'ils font est une imposture et c'est délibéré", a-t-il déclaré à l'AFP.

"En revanche, le vote avait commencé comme prévu près de la caserne militaire de Summit View à Kampala", a-t-il ajouté. Un journaliste de l'AFP a également vu un bureau de vote ouvrir à l'heure prévue à côté d'une zone de logements militaires.

"Il y a des problèmes techniques, mais cela ne concerne pas tous les bureaux de vote", a déclaré Faruk Kirunda, porte-parole du président, ajoutant que les zones touchées passaient à la vérification manuelle "et que les gens étaient désormais autorisés à voter".

Certains ont attribué ces problèmes à la coupure d'Internet imposée mardi par le gouvernement.

Le gouvernement a déclaré que la coupure d'Internet était nécessaire pour empêcher la propagation de "fausses informations" et "l'incitation à la violence", mais les Nations unies ont qualifié cette mesure de "profondément inquiétante".

Depuis le début de la campagne, des journalistes disent avoir été harcelés et Human Rights Watch a dénoncé cette semaine la suspension de 10 ONG, dont des observateurs électoraux, affirmant que l'opposition avait été victime d'une "répression brutale".

Un risque de violence plane sur ces élections

Tout comme en 2021, lors de l'élection présidentielle, des centaines de partisans de Bobi Wine ont été arrêtés à l'approche du scrutin du 15 janvier 2026. Le principal candidat de l'opposition portait un gilet pare-balles lors des rassemblements, qualifiant l'élection de "guerre" et Museveni de "dictateur militaire".

"Nous sommes très conscients qu'ils prévoient de truquer les élections, de brutaliser les gens, de tuer des gens, et ils ne veulent pas que le reste du monde le voie", a déclaré Wine à l'AFP à la veille du jour du scrutin.

Le candidat a promis d'organiser des manifestations si le scrutin était truqué.

L'autre figure majeure de l'opposition, Kizza Besigye, qui s'est présenté quatre fois contre Museveni, a été enlevé au Kenya en 2024 et ramené devant un tribunal militaire en Ouganda pour un procès pour trahison qui est toujours en cours.

De nombreux Ougandais continuent de supporter Museveni et le voit comme l'homme qui a mis fin au chaos qui a suivi l'indépendance du pays et supervisé une croissance économique rapide, malgré une série sans fin de scandales de corruption massive.

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