Le festival de Sainte Ifigênia, une tradition afro-brésilienne vivante

Une fidèle danse lors des célébrations de la Journée de Ze Pilintra, à Rio de Janeiro, le dimanche 7 juillet 2024.   -  
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Bruna Prado

Dans la ville historique d’Ouro Preto, dans l’État du Minas Gerais, un festival afro-brésilien rassemble chaque année habitants et visiteurs autour d’une tradition religieuse et culturelle héritée de l’époque coloniale.

Dédiée à Notre-Dame du Rosaire, à Sainte Ifigênia et à Saint Benoît, cette célébration fait revivre l’histoire et la mémoire des communautés noires du Brésil.

Au son des percussions et des chants, les confréries afro-brésiliennes défilent dans les rues pavées de la ville. Parmi elles, la Garde du Mozambique occupe une place centrale. Issue des anciennes confréries d’esclaves et d’affranchis, elle perpétue des rituels mêlant catholicisme populaire et traditions africaines, transmis de génération en génération.

Cette procession rend également hommage à Chico Rei, figure emblématique du folklore brésilien. Roi du Congo réduit en esclavage par les Portugais, il serait parvenu à racheter sa liberté et celle de nombreux autres esclaves. Selon la tradition, il aurait contribué à la construction de l’église Notre-Dame du Rosaire, devenue un symbole de résistance et de dignité pour les Afro-Brésiliens.

Au fil des siècles, ce festival s’est imposé comme un marqueur fort de l’identité afro-brésilienne d’Ouro Preto. Reconnu comme patrimoine culturel immatériel par les autorités locales et par l’Institut national du patrimoine historique et artistique (IPHAN), il est aujourd’hui considéré comme un élément essentiel du patrimoine culturel du Minas Gerais.

Plus qu’un événement folklorique, la fête de Sainte Ifigênia reste une expression vivante de la foi, de la mémoire et de la transmission culturelle. Un moment où l’histoire continue de se raconter, au rythme des tambours, dans l’une des villes les plus emblématiques du Brésil.

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