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La RD Congo, prochaine cible de l'internationale djihadiste en Afrique ?

La RD Congo, prochaine cible de l'internationale djihadiste en Afrique ?

République démocratique du Congo

<p><strong>Plus grand pays d’Afrique sub-saharienne, l’instable République démocratique du Congo est-elle dans le viseur de l’islam radical ou des mouvements affiliés à l’internationale djihadiste qui opèrent dans de nombreux pays sur le continent, du Mali à la Somalie ?</strong></p> <p>La question vient de se reposer dans l’est du pays, où l’agence de propagande de l’État islamique (EI) a revendiqué pour la première fois une attaque dans la province agitée du Nord-Kivu près de la frontière avec l’Ouganda. Au moins deux soldats congolais ont été tués le 16 avril dans cette attaque à Kamango, dans le territoire de Beni.</p> <p>“Nous prenons au sérieux ce genre de déclarations”, a commenté lundi la cheffe de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), Leila Zerrougui.</p> <p>“On sait, nous, que l’attaque a été menée par les <span class="caps">ADF</span>”, a-t-elle ajouté, référence aux Forces démocratiques alliées (<span class="caps">ADF</span>), historiquement des musulmans ougandais anti-président Museveni implantées dans cette zone du Congo depuis 1995.</p> <p>Sans chef, ni mot d’ordre, les <span class="caps">ADF</span> sont accusés d’avoir massacré depuis octobre 2014 plus de 1.000 civils, ainsi que d’avoir tué 15 Casques bleus tanzaniens dans un raid contre la base de Semuliki en décembre 2017.</p> <p>“Nous avons expliqué les tentatives de rapprochement des <span class="caps">ADF</span> avec les groupes terroristes internationaux”, affirme à l’<span class="caps">AFP</span> le porte-parole de l’armée congolaise dans la région, Mak Hazukai, pour qui la revendication de l’EI “n’est pas une nouveauté”.</p> <p>Les <span class="caps">ADF</span> tentent de rallier “d’autres groupes djihadistes”, avance aussi le Groupe des experts sur le Congo (<span class="caps">GEC</span>) dans un rapport de novembre.</p> <p>A l’appui de leur thèse, les experts mentionnent l’arrestation en juillet 2018 d’un Kényan, Waleed Ahmed Zein, présenté comme un “conseiller financier” de l’État islamique en Irak et en Syrie.</p> <b> >>> <span style="color:#d1420a;"><span class="caps">LIRE</span> <span class="caps">AUSSI</span></span> : <a href="https://fr.africanews.com/2019/04/19/pour-la-premiere-fois-l-etat-islamique-revendique-une-attaque-en-rdc/">Pour la première fois, l’Etat islamique revendique une attaque en <span class="caps">RDC</span></a> </b> <p>“La police kényane a prétendu qu’il était responsable du transfert de plus de 150.000 dollars via un réseau lié à l’ISIS (Etat islamique)qui couvrait de nombreux pays, y compris la <span class="caps">RDC</span>”, écrit le <span class="caps">GEC</span>.</p> <p>“Des responsables ougandais affirment que Zein était en contact avec les <span class="caps">ADF</span>, et une déserteuse des <span class="caps">ADF</span> a déclaré au <span class="caps">GEC</span> qu’un homme répondant à ce nom lui avait envoyé de l’argent à Kampala”, poursuit le <span class="caps">GEC</span>. </p> <p>“Des sources proches du gouvernement des États-Unis ont également confirmé que Zein avait envoyé de l’argent aux <span class="caps">ADF</span>”, assure le <span class="caps">GEC</span>.</p> <p>En visite à Washington début avril, le nouveau président congolais Félix Tshisekedi a agité la “menace islamiste” pour consolider l’appui que lui apporte les États-Unis. Il a dit redouter que les djihadistes vaincus en Irak et en Syrie ne viennent “se redéployer” en <span class="caps">RDC</span>.</p> <p>Un discours convenu, pour le chercheur français Thierry Vircoulon : l’islam radical dans la région est une “menace utile” pour “les régimes dictatoriaux qui ont besoin de justifier leur répression interne et de s’attirer les bonnes grâces des puissances du Nord”, écrivait-il avant l‘élection de M. Tshisekedi, à la fin des années Kabila.</p> <h2 style="font-size:16px;">“Une menace réelle”</h2> <p>En novembre, en pleines tensions pré-électorales, <a href="https://fr.africanews.com/2018/11/26/rdc-l-ambassade-americaine-fermee-pour-menaces-d-insecurite//" target="_blank">l’ambassade des États-Unis à Kinshasa avait fermé pendant plusieurs jours en raison d’une “possible menace terroriste”</a>, sans autre précision.</p> <p>Pays laïc de quelque 80 millions d’habitants très majoritairement chrétien, la <span class="caps">RDC</span> compte 10 % de musulmans, d’après la Communauté islamique au Congo (Comico), leur représentation légale.</p> <p>La Comico fait l’objet d’une lutte de pouvoir depuis fin 2018. En octobre, son siège a été pris d’assaut par des imams d’un “Conseil théologal national” qui ont nommé un “comité de crise” pour renverser l’ancien comité directeur.</p> <p>Les “putschistes” ont affirmé vouloir “purifier” le siège “de toutes les impuretés trouvées ici sur place”, selon un message de leur chef de file Cheikh Idi Ngoma sur le site d’information spécialisé dkm-tv.com.</p> <p>Il s’agit d’“une bande de personnes sans droit ni qualité agissant véritablement comme une milice”, a accusé le représentant légal de la Comico, Cheikh Ali Mwinyi, joint par l’<span class="caps">AFP</span>.</p> <p>Dans une lettre datée du 8 décembre adressée au ministre de l’Intérieur, il affirme que ce groupe “représente une menace réelle pour la sécurité nationale”.</p> <p>Sur dkm-tv.com, Cheikh Mwinyi estime que derrière les “putschistes” se trouve une <span class="caps">ONG</span> financée par l’Arabie Saoudite, l’<span class="caps">ACPDEC</span>, l’Association caritative pour la promotion et le développement communautaire.</p> <p>Sur sa page Facebook, l’<span class="caps">ACPDEC</span> a posté des photos de mosquées construites ou restaurées par ses soins dans la province du Bandundu (ouest). Une journaliste de l’<span class="caps">AFP</span> a aussi constaté en février que plusieurs mosquées toutes neuves avaient été construites le long de la route entre Kinshasa et Kikwit.</p> <p>A Kikwit, chef-lieu du Bandundu, “le nombre de mosquées est passé de un à cinq” en trois ans dans cette ville d’environ deux millions habitants, dont 4.000 musulmans, selon Idi Lisaka, un imam et responsable de la radio musulmane locale. Les nouvelles mosquées sont construites par l’<span class="caps">ACPDEC</span>, a-t-il confirmé.</p> <p>“Ces mosquées ne sont pas contrôlées par la communauté islamique”, insiste le représentant légal de la Comico, Cheikh Ali Mwinyi.</p> <p>Historiquement, l’islam est entré dans l’est du Congo avec les caravanes des commerçants esclavagistes arabes venus de Zanzibar au <span class="caps">XIX</span>e siècle.</p> <p>Des expatriés libanais et indiens en <span class="caps">RDC</span> sont également de confession musulmane. La société Congo Futur d’un homme d’affaires libanais établi en <span class="caps">RDC</span>, Ahmed Tajedden, a été sanctionnée en 2010 par le Trésor américain pour financement présumé du Hezbollah, considéré comme un groupe terroriste par Washington.</p> <b> >>> <span style="color:#d1420a;"><span class="caps">LIRE</span> <span class="caps">AUSSI</span></span> : <a href="https://fr.africanews.com/2018/11/30/kinshasa-juge-serieuse-la-menace-contre-l-ambassade-americaine//">Kinshasa juge sérieuse la menace contre l’ambassade américaine</a> </b> <p><strong><span class="caps">AFP</span></strong></p>

Les régimes dictatoriaux qui ont besoin de justifier leur répression interne et de s’attirer les bonnes grâces des puissances du Nord

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