Sahara occidental : fin du mandat de la mission onusienne

Un sympathisant agite un drapeau sur lequel on peut lire « Free Sahara », dans le nord de l'Espagne, mardi 8 juin 2021.   -  
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Le Conseil de sécurité des Nations unies n'est pas parvenu, le 30 octobre, à adopter les deux projets de résolution visant à renouveler ou à prolonger le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Le premier texte, présenté par les États-Unis, qui pilotent les négociations au sein du Conseil sur le dossier du Sahara occidental, proposait de prolonger le mandat de la MINURSO d'une année supplémentaire, jusqu'au 31 octobre 2027, tout en changeant son appellation en « Mission des Nations unies au Sahara occidental » (MINUSO).

Le projet a recueilli 11 voix pour, une voix contre et trois abstentions. Il n'a toutefois pas été adopté en raison du veto de la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité.

Le représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, a justifié cette position en soulignant la nécessité d'un règlement accepté par les deux parties au conflit.

« Nous considérons que les modalités définitives du règlement doivent être acceptables aussi bien pour les Marocains que pour le Front Polisario. L'imposition de solutions unilatérales, sans discussions préalables approfondies et sans volonté d'écoute de l'autre partie, ne peut conduire qu'à une impasse », a-t-il déclaré.

Un deuxième projet de résolution, présenté par la Russie, prévoyait également de renouveler le mandat de la MINURSO pour une année supplémentaire.

Ce texte a obtenu trois voix favorables, une voix contre et 11 abstentions. Il n'a pas été adopté, faute d'avoir recueilli le nombre de voix requis.

À l'issue du vote, le représentant permanent des États-Unis, Mike Waltz, a défendu la position américaine, estimant que la mission ne pouvait continuer à fonctionner sans tenir compte de l'évolution de la situation sur le terrain.

« Nous ne pouvons pas perpétuer une mission dont le nom même ne reflète pas la réalité sur le terrain et qui privilégie le statu quo pour les Sahraouis de Tindouf, alors qu'une véritable opportunité de paix se présente », a-t-il affirmé.

De son côté, le représentant permanent de l'Algérie, Amar Bendjama, a dénoncé la manière dont la question sahraouie est abordée dans les discussions internationales.

« Et maintenant, cette tragédie vécue par le peuple sahraoui a curieusement été réduite à la notion de populations réfugiées, et non de peuple sahraoui. Des populations réfugiées. Cette tragédie est désormais transformée en statistiques froides, ramenée à des besoins alimentaires et à des ressources budgétaires », a-t-il déclaré.

Le représentant permanent du Maroc, Omar Hilale, a pour sa part insisté sur le caractère temporaire que doit revêtir la situation des réfugiés, appelant à leur permettre de regagner leurs territoires d'origine.

« La situation des réfugiés, mon frère algérien, est censée être temporaire, quels que soient les camps ou les circonstances. Elle doit permettre aux personnes de rentrer un jour chez elles, afin que ces femmes, ces enfants et ces hommes puissent retrouver leurs familles et leurs villages », a-t-il affirmé.

Il a également soutenu que les négociations devaient permettre ce retour, dénonçant le maintien des réfugiés dans les camps et ce qu'il a qualifié de prise en otage par « un agenda politique algérien et un groupe séparatiste armé ayant des liens avec le terrorisme international ».

S'exprimant devant la presse après la réunion du Conseil de sécurité, le représentant du Front Polisario, Sidi M. Omar, s'est félicité du rejet du projet de résolution américain.

Il a réaffirmé le refus du mouvement de participer à toute démarche qui ne respecterait pas les droits du peuple sahraoui.

« Nous ne nous engagerons certainement dans aucun processus qui irait à l'encontre des droits de notre peuple », a-t-il déclaré.

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