La formation du prochain gouvernement israélien ravive les divisions politiques dans le pays. Des militants de droite se sont rassemblés dimanche devant le domicile de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne et figure centriste de l’opposition, pour protester contre une éventuelle coopération avec des partis arabes israéliens.
Israël : la droite fustige toute alliance d'Eisenkot avec des partis arabes
Les manifestants accusent Eisenkot de vouloir ouvrir la voie à une coalition avec des formations représentant la minorité arabe d’Israël, qui constitue environ 20 % de la population. Pour eux, une telle alliance menacerait, selon leurs termes, le caractère juif de l’État israélien.
« Nous sommes venus lui dire qu’aucun État ou gouvernement ne sera établi ici avec la société arabe, musulmane et antisioniste », a déclaré le manifestant Viktor Shriki lors du rassemblement.
Une autre protestataire, Shoshana Idasis, a également dénoncé une possible coopération avec des partis arabes, estimant qu’Israël devait rester un État juif et refusant toute alliance avec des groupes qu’elle associe au soutien au Hamas.
Ces tensions interviennent alors que Gadi Eisenkot, ancien responsable militaire et principal rival centriste de Benyamin Netanyahu, a laissé ouverte la possibilité d’un partenariat politique avec certains partis arabes, à condition qu’ils reconnaissent Israël comme un État juif et condamnent le Hamas comme organisation extrémiste.
De son côté, Benyamin Netanyahu, qui cherche à rester le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l’histoire d’Israël, accuse ses adversaires de vouloir former un « gouvernement dangereux » avec le soutien des partis arabes. Son parti, le Likoud, a même contesté les résultats du scrutin en évoquant des irrégularités liées au vote arabe, sans toutefois présenter de preuves concrètes.
Alors que les négociations pour former une majorité se poursuivent, la question de la place des partis arabes israéliens dans le paysage politique reste l’un des sujets les plus sensibles du débat national.