La maison d'édition française Gallimard a retrouvé jeudi sa place au Salon international du livre d'Alger, selon le site officiel de l'événement.
Algérie : l'éditeur français Gallimard fait son retour au Salon du livre d'Alger
L'éditeur avait été écarté de ce rendez-vous littéraire en 2024, à la suite de la publication du roman Houris de l'écrivain franco-algérien Kamel Daoud, au centre d'une controverse judiciaire en France et en Algérie.
Publié par Gallimard, le roman avait suscité de vives réactions après des accusations de plagiat formulées par une Algérienne, Saada Arbane. Celle-ci reproche à l'auteur d'avoir repris des éléments de son histoire personnelle, à partir d'informations confidentielles qu'elle aurait confiées à sa psychothérapeute, Aïcha Dahdouh, épouse de l'écrivain.
Le livre demeure interdit en Algérie. En avril dernier, Kamel Daoud a été condamné par contumace à trois ans de prison dans cette affaire.
Les organisateurs du salon n'ont pas expliqué les raisons du retour de Gallimard, ni précisé les circonstances dans lesquelles l'exclusion de l'éditeur a pris fin.
Lauréat du prix Goncourt en 2024, Houris raconte le parcours d'une femme devenue muette après avoir eu la gorge tranchée par un islamiste pendant la guerre civile algérienne des années 1990.
Dans ses plaintes déposées en France et en Algérie, Saada Arbane évoque plusieurs ressemblances présumées entre sa vie et celle du personnage principal : une trachéotomie, une gorge tranchée, une cicatrice, des tatouages similaires ainsi qu'un salon de coiffure dont elles auraient toutes deux été propriétaires.
Elle accuse Kamel Daoud d'avoir utilisé sans son consentement des éléments de son parcours personnel, évoqués au cours de séances de thérapie avec Aïcha Dahdouh. Une procédure judiciaire est en cours en Algérie.
Installé en France, où il écrit notamment pour l'hebdomadaire Le Point, Kamel Daoud a toujours nié s'être inspiré de l'histoire de Saada Arbane pour écrire son roman.
Son épouse, Aïcha Dahdouh, qui réside également en France, a elle aussi rejeté toute accusation de faute dans une déclaration transmise à l'AFP la semaine dernière. Elle a toutefois confirmé avoir été la psychothérapeute de Saada Arbane en Algérie.
Dans cette même déclaration, Mme Dahdouh a pris ses distances avec son époux, estimant que « sa voix ne devait pas faire taire la sienne ». Elle a également fait état de désaccords entre eux sur « trois questions essentielles : l'Algérie, l'islam et la Palestine ».
En avril, un tribunal algérien a condamné Kamel Daoud par contumace à trois ans de prison pour son roman Houris. Deux mandats d'arrêt ont également été délivrés contre l'écrivain dans son pays natal.
Une autre procédure judiciaire visant l'auteur et son épouse est par ailleurs en cours à Oran, dans l'ouest de l'Algérie. Un verdict est attendu prochainement, selon plusieurs informations.