La Gambie a confirmé mardi avoir reçu 2,5 millions de dollars restitués par les États-Unis, issus de la vente d'un manoir appartenant à l'ancien dictateur Yahya Jammeh. Les fonds seront destinés à indemniser les victimes de son régime.
Gambie : 2,5 millions de dollars restitués par les USA pour les victimes de Jammeh
Les 22 années au pouvoir de Yahya Jammeh, de 1994 à 2017, ont été marquées par des violations des droits humains. L'ancien dirigeant, connu pour son excentricité, est accusé d'avoir détourné des millions de dollars de fonds publics à des fins personnelles.
En septembre, le ministère américain de la Justice avait annoncé la restitution à la Gambie du produit de la vente d'un manoir appartenant à l'ancien chef de l'État. Yahya Jammeh et son épouse avaient acquis cette propriété située à Potomac, dans le Maryland, une banlieue huppée de Washington, grâce à des "produits d'activités criminelles et des fonds publics gambiens détournés", selon les autorités américaines.
La Commission gambienne des réparations, créée pour indemniser les victimes des exactions commises sous le régime de Yahya Jammeh, a indiqué avoir reçu un total de 2 573 414,10 dollars récupérés grâce à la confiscation et à la vente du bien immobilier.
Dans un communiqué, elle a précisé que ces fonds seraient exclusivement consacrés au versement des réparations aux victimes. Elle a qualifié cette restitution d'"étape importante" vers le paiement des indemnisations prévues par une loi adoptée en 2023.
La Commission s'est engagée à gérer ces fonds de manière responsable, transparente et rigoureuse, en tenant compte des droits et des besoins des victimes et des survivants.
Yahya Jammeh vit désormais en Guinée équatoriale. Il a quitté le pouvoir en 2017, sous la pression des pays voisins d'Afrique de l'Ouest, après sa défaite à l'élection présidentielle de 2016 face à l'actuel président, Adama Barrow.
L'ancien dirigeant est accusé d'avoir supervisé le meurtre d'opposants politiques, des disparitions forcées, des viols et des actes de torture.
Une commission d'enquête a estimé qu'entre 240 et 250 personnes avaient été tuées par ses forces de sécurité dans cette ancienne colonie britannique d'environ deux millions d'habitants.