Au Sénégal, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre, dénonce le recours au mécanisme du G20 pour restructurer la dette publique du pays. Il met en garde contre les risques de cette initiative et menace de ne pas voter le projet de loi de finances.
Sénégal : Sonko critique le recours au mécanisme du G20 sur la dette
À Dakar, Ousmane Sonko conteste le recours au mécanisme du G20 pour faire face à l’importante dette publique du Sénégal. Le pays envisage de recourir à une version "renforcée" du Cadre commun, lancé en 2020 pour coordonner la restructuration de la dette des pays en difficulté. Ce dispositif est toutefois critiqué pour la lenteur des négociations et les désaccords entre créanciers sur le partage des efforts.
L’ancien Premier ministre estime que le Sénégal n’a pas besoin de faire appel à ce mécanisme pour une simple opération de reprofilage de sa dette. Selon lui, les créanciers ont déjà exclu toute modification des montants dus.
"Le Sénégal n’avait pas besoin d’être le premier cobaye", a-t-il déclaré, jugeant préoccupant que le pays serve de premier test à cette initiative du G20 alors qu’il rencontre, selon lui, des difficultés de trésorerie.
Ousmane Sonko a également averti que son groupe parlementaire pourrait refuser de voter le projet de loi de finances si l’exécutif maintient cette approche. Il affirme ne pas vouloir faire obstruction, mais estime qu’un éventuel blocage relèverait de la responsabilité du pouvoir exécutif.
Le Sénégal fait face à une situation budgétaire tendue. Fin 2024, sa dette publique atteignait 132 % du produit intérieur brut (PIB), dont une partie avait été dissimulée sous la présidence de Macky Sall (2012-2024). Le 1er septembre, Dakar avait conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur trois ans, destiné à assainir les finances publiques.