Au Ghana, des membres de la diaspora africaine se sont réunis au musée Nkyinkyim, à Nuhalenya, près d’Ada, pour une cérémonie de trois jours en hommage à leurs ancêtres. Afro-Américains et descendants de communautés dispersées à travers le monde ont participé à ce moment de mémoire consacré à celles et ceux dont les noms et les histoires ont été effacés par le temps et les conséquences de l’esclavage.
Ghana : la diaspora renoue avec ses racines au musée Nkyinkyim
Pour beaucoup, ce déplacement au Ghana représente bien plus qu’un simple voyage. C’est une démarche personnelle pour retrouver leurs origines, renforcer leur sentiment d’appartenance et renouer avec une histoire interrompue par la traite transatlantique des esclaves.
Au cœur de la cérémonie, les participants rendent hommage à leurs ancêtres à travers des libations, des offrandes, des chants, des percussions et des danses. Au musée Nkyinkyim, le passé n’est pas seulement conservé : il est raconté, transmis et célébré.
« Cette initiative vient de nous et est portée par nous. Nous allons à la rencontre de la diaspora, sans attendre que quelqu'un d'autre organise ces événements à notre place », explique Kwame Akoto-Bamfo, fondateur du musée Nkyinkyim.
À travers cette rencontre, le musée veut créer un espace de réflexion et de partage autour des histoires et des identités bouleversées par l’esclavage et la colonisation. Pour les visiteurs issus de la diaspora, la cérémonie est aussi une occasion de renouer avec les traditions africaines et d’interroger leur lien avec le continent.
« Nous voulons aussi faire des recherches sur l'histoire du peuple du Suriname, mais également sur celle des autres communautés de la diaspora », souligne Subrina Starke, cofondatrice de Diasporan WelHouse.
Cette initiative intervient alors que le Ghana plaide pour une justice réparatrice face aux conséquences historiques de l’esclavage. Pour les participants, cette question ne se limite toutefois pas aux débats internationaux. Elle touche aussi à la reconnaissance des souffrances vécues et à la préservation de la mémoire.
« Je pense que des réparations doivent nous être accordées à tous les niveaux, pour les traumatismes et les souffrances infligés à nos peuples », affirme Efua Irene Agyeman Hin, cofondatrice de Diasporan WelHouse.
Pour certains visiteurs, renouer avec les traditions ancestrales constitue déjà une étape importante vers la guérison et la reconstruction de leur identité.
Alors que les tambours résonnent une dernière fois lors de la cérémonie de clôture, un message demeure : se souvenir du passé est essentiel, mais la demande de justice reste toujours présente.