À moins d’un mois des élections législatives israéliennes du 27 octobre, plusieurs enquêtes de presse affirment que Benyamin Netanyahu aurait reçu des avertissements avant l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Des alertes seraient notamment venues des Émirats arabes unis et d’Égypte. Le Premier ministre israélien dément fermement ces informations, qui replacent les failles sécuritaires du 7-Octobre au cœur de la campagne électorale.
ISRAËL : NETANYAHU AVAIT-IL ÉTÉ ALERTÉ AVANT LE 7-OCTOBRE ?
Que savait Benyamin Netanyahu avant le 7 octobre 2023 ? À quelques semaines des élections législatives israéliennes, la question revient au premier plan.
Plusieurs médias ont publié ces dernières semaines des enquêtes affirmant que le Premier ministre israélien avait été personnellement alerté d’une menace venant du Hamas avant l’attaque qui a fait environ 1 200 morts en Israël et au cours de laquelle 251 personnes ont été prises en otage.
Benyamin Netanyahu et son bureau contestent ces informations.
Un avertissement venu des Émirats arabes unis ?
La première révélation est venue du quotidien israélien Haaretz. Selon son enquête, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait téléphoné à Benyamin Netanyahu une dizaine de jours avant l’attaque.
Au cours de cet échange, qui aurait duré environ 45 minutes, le dirigeant émirati aurait prévenu le Premier ministre israélien que Yahya Sinwar, alors chef du Hamas dans la bande de Gaza, préparait une opération majeure contre Israël.
Selon Haaretz, Benyamin Netanyahu aurait réagi avec calme, assurant que son pays était préparé à différents scénarios.
Le bureau du Premier ministre israélien a catégoriquement démenti ce récit, affirmant qu’aucun avertissement de cette nature n’avait été transmis à Netanyahu.
D’autres médias ont depuis rapporté des éléments allant dans le même sens que l’enquête de Haaretz.
Une visite de Netanyahu à Abou Dhabi
La controverse a pris une nouvelle dimension avec une visite discrète de Benyamin Netanyahu aux Émirats arabes unis le week-end dernier.
Cette rencontre avec Mohammed ben Zayed a été confirmée par les deux pays. Officiellement, les discussions portaient sur les relations bilatérales et les enjeux régionaux.
Mais selon Associated Press, citant une source informée du contenu des échanges, Benyamin Netanyahu aurait également demandé au président émirati de démentir publiquement les informations concernant l’avertissement avant le 7-Octobre.
Le bureau du Premier ministre israélien a là encore rejeté cette version, la qualifiant de fausse.
L’Égypte aurait également lancé plusieurs alertes
Les Émirats arabes unis ne seraient pas les seuls à avoir alerté Israël.
Selon le Wall Street Journal, l’Égypte aurait adressé plusieurs avertissements avant l’attaque. Abbas Kamel, alors chef des renseignements égyptiens, aurait notamment appelé Benyamin Netanyahu quelques jours avant le 7 octobre pour l’avertir du risque d’une offensive en provenance de Gaza.
Une autre enquête, publiée par The Atlantic, rapporte qu’Abbas Kamel s’était rendu en Israël le 26 septembre 2023, soit onze jours avant l’attaque.
Le responsable égyptien aurait alors prévenu ses interlocuteurs israéliens que la situation dans la bande de Gaza risquait de dégénérer et que le Hamas semblait préparer une opération importante.
Un point reste toutefois essentiel : selon les différents récits publiés, ces avertissements n’auraient fourni ni date précise, ni cible, ni informations détaillées sur l’ampleur et la nature de l’attaque qui allait se produire le 7 octobre.
Le 7-Octobre s’invite au cœur de la campagne électorale
Ces révélations interviennent à un moment particulièrement sensible pour Benyamin Netanyahu.
Les Israéliens doivent élire les 120 membres de la Knesset le 27 octobre, lors des premières élections législatives organisées depuis l’attaque du Hamas de 2023.
Les responsabilités dans les défaillances ayant précédé le 7-Octobre sont devenues l’un des principaux sujets de la campagne.
Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée et principal adversaire de Netanyahu dans cette campagne, s’est notamment emparé de la question. Son parti a lancé un jeu en ligne satirique baptisé « Sleepy Bibi », dans lequel le joueur doit permettre à un personnage représentant Netanyahu d’éviter les différents avertissements de sécurité pour aller se coucher.
Une manière pour l’opposition de contester la défense du Premier ministre, qui affirme notamment ne pas avoir été réveillé avant le déclenchement de l’attaque.
La question d’une enquête indépendante toujours en suspens
Au-delà de la bataille électorale, la question des responsabilités politiques et sécuritaires reste ouverte.
Benyamin Netanyahu a rejeté les appels à la création d’une commission d’enquête officielle indépendante sur les événements entourant le 7 octobre.
Près de trois ans après l’attaque, les nouvelles informations publiées par la presse relancent donc une interrogation centrale en Israël : quels avertissements les responsables politiques et sécuritaires avaient-ils réellement reçus, et comment ces informations ont-elles été traitées ?
À moins d’un mois du scrutin, cette question est désormais devenue l’un des enjeux majeurs de la campagne électorale israélienne.