L’afflux de réfugiés soudanais s’accélère au Tchad sur fond de crise humanitaire

Des réfugiés soudanais devant leurs tentes, dans le camp de Koumouangou, au Tchad, le 4 juillet 2004.   -  
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KAREL PRINSLOO/AP

Plus de 55 000 réfugiés soudanais ont fui vers l’est du Tchad depuis le début de l’année, a indiqué vendredi l’ONU, qui alerte sur l’accélération des déplacements alors que l’aide humanitaire demeure largement sous-financée.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près d’un million de personnes ont désormais franchi la frontière tchadienne depuis le début de la guerre au Soudan, déclenchée en avril 2023 entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR). Le conflit a fait plus de 200 000 morts, selon des estimations d’acteurs humanitaires, et provoqué une crise majeure de la faim et des déplacements.

Quelque 11,3 millions de personnes restent déplacées de force en raison du conflit, dont 6,4 millions à l’intérieur du Soudan et 3,5 millions dans les pays voisins, selon les chiffres de l’ONU.

Plus de 400 arrivées par jour

Mamadou Dian Balde, coordinateur régional de l’ONU pour les réfugiés dans le cadre de la crise soudanaise, a indiqué que plus de 400 personnes franchissaient désormais chaque jour la frontière par les zones d’Adré et de Tiné, dans l’est du Tchad. Ce rythme est environ 20 fois supérieur à celui observé au cours des mois précédents.

La situation est particulièrement critique au Darfour, ainsi que dans les États du Kordofan et du Nil-Bleu, où les combats, les frappes aériennes et les attaques de drones contraignent davantage de civils à fuir et compliquent l’accès humanitaire.

Au Tchad, plus de 190 000 réfugiés demeurent dans des conditions difficiles dans les zones frontalières. La plupart disposent désormais de moins de la moitié de la quantité minimale d’eau nécessaire quotidiennement. Le centre de transit de Tiné accueille pour sa part plus de 4 300 personnes, avec des besoins urgents en abris, en eau, en assainissement et en protection.

Des financements très insuffisants

Le HCR n’a reçu jusqu’à présent que 18 % des 1,6 milliard de dollars nécessaires cette année pour répondre aux besoins des réfugiés liés à la crise soudanaise dans la région.

Au Tchad, l’ensemble des partenaires engagés dans la réponse à la crise n’est financé qu’à hauteur d’environ 20 %, a précisé Mamadou Dian Balde. Il a notamment cité le cas d’une jeune réfugiée ayant survécu à des violences sexuelles, dont la prise en charge hospitalière ne pouvait plus être assurée faute de moyens.

« Cela doit cesser », a-t-il déclaré, appelant à réduire les souffrances et à rechercher des solutions durables pour les réfugiés.

Le HCR avertit que la diminution des financements pourrait pousser davantage de réfugiés à poursuivre leur déplacement à la recherche de sécurité, d’un statut légal et de perspectives d’avenir.

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