Le Nigeria a nommé une commission d’enquête après la mort de 37 détenus

Les proches des mineurs morts en detentions à l'hôpital de Minna, au Nigeria, le 17 septembre 2026.   -  
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À Minna, capitale de l’État du Niger, les conséquences des événements de jeudi restent visibles. « Ça nous a beaucoup affectés », témoigne Livinus Igenegbai, un agent de services financiers mobiles de 31 ans. Selon lui, les commerces ont fermé et plusieurs habitants ont été blessés. Il évoque également les effets persistants des tirs de gaz lacrymogène : « Il y avait beaucoup de gaz lacrymogène partout hier. »

Trente-sept jeunes hommes ont été retrouvés morts jeudi dans une cellule surpeuplée du Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC), après leur arrestation pour exploitation présumée illégale d’or. Des survivants affirment avoir été entassés dans une cellule mal ventilée. L’un d’eux a déclaré qu’une substance irritante avait été pulvérisée à l’intérieur avant que la porte ne soit refermée. Les détenus auraient également appelé à l’aide sans obtenir de réponse.

Les autorités ont réagi en annonçant une enquête indépendante. La commission, composée notamment d’un ancien responsable des renseignements, d’un expert médical, d’un militant des droits humains et d’un représentant des mineurs, dispose de deux semaines pour établir les éventuelles responsabilités, complicités, négligences ou fautes professionnelles.

Le président Bola Tinubu avait ordonné vendredi une enquête « urgente, exhaustive et transparente », affirmant ne pas tolérer des décès imputables à la négligence ou aux abus des autorités. Vingt agents et gardes du NSCDC impliqués dans les arrestations et la détention ont été suspendus, ainsi que leur supérieur hiérarchique.

Les violences qui ont suivi les arrestations ont également touché les infrastructures civiles. Yahaya Umar, chauffeur de bus de 42 ans, raconte avoir vu des jeunes lancer des pierres dans un parking de bus après avoir fui les abords du bureau de la défense civile. « Les pierres venaient de partout », relate-t-il, expliquant que les chauffeurs ont tenté de demander aux manifestants pourquoi ils les attaquaient.

L’État du Niger, vaste territoire riche en minerais, attire des milliers de mineurs artisanaux à la recherche d’or. L’enquête devra désormais déterminer les circonstances exactes de la mort des 37 détenus et établir d’éventuelles responsabilités au sein des forces chargées de leur arrestation et de leur détention.

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