À Johannesburg, certaines décharges municipales ont atteint leur capacité maximum et ont été contraintes de fermer leurs portes. Cette situation a laissé aux camions de récoltes deux choix : déverser des déchets à leurs abords créant de multiples décharges informelles à leurs abords ou ne pas effectuer les récoltes pour éviter d'encombrer les rues.
Afrique du Sud : la gestion des déchets dépassée par la croissance des villes
Certains habitants ont déclaré que leurs ordures n’avaient pas été ramassées depuis près de quatre semaines.
« Les jeunes enfants ne peuvent tout simplement pas être en bonne santé en vivant dans cet environnement. En tant que parents, cela nous fait mal de vivre dans ces conditions. À mon avis, notre quartier ne serait pas aussi sale si seulement la communauté se mobilisait. Nous aurions pu mettre 20 rands chacun et engager quelqu’un avec une camionnette pour ramasser tous les déchets. Si nous réduisons les déchets, cela améliorera la santé de nos enfants. », a epxliqué Linda Makole, habitante du quartier.
La Johannesburg Crisis Alliance a imputé ces perturbations à des conflits sociaux, à des contraintes financières et au vieillissement de la flotte de véhicules. Le manque de fiabilité du service de collecte des déchets a stimulé la demande de transporteurs informels.
Pikitup, l’entreprise municipale de gestion des déchets, a recensé plus de 2 000 points noirs de décharges sauvages et alloué 115 millions de rands (6,4 millions de dollars) pour l’exercice 2025/26 afin de s’attaquer au problème.
« Depuis décembre de l’année dernière, c’est-à-dire depuis 2025, soit depuis quelques mois maintenant, les ordures ne sont plus ramassées à temps, et ce n’est pas seulement à cause de camions en panne ou de grèves qui surviennent de manière sporadique. Ce sont des années de mauvaise gestion qui ont nui au ramassage des ordures. Et aujourd’hui, à cause de cette mauvaise gestion, de l’absence de véritable planification à long terme et d’une approche proactive pour tenter de gérer les déchets, nous, citoyens et habitants, en payons le prix, car les ordures ne sont pas ramassées à temps. », a indiqué Devon Steenkamp, conseiller municipal.
Le problème croissant des déchets à Johannesburg reflète un défi plus large à l’échelle de l’Afrique. Des villes en pleine expansion, notamment Lagos, Dakar et Accra, produisent des déchets à un rythme bien plus rapide que ce que de nombreuses municipalités sont capables de collecter, de recycler ou d’éliminer en toute sécurité.