Au Kenya, les cuisinières électriques et les fourneaux à biomasse plus performants gagnent progressivement du terrain.
Kenya : la cuisson propre gagne du terrain grâce aux crédits carbone
Une évolution importante en Afrique, où près d’un milliard de personnes dépendent encore du bois, du charbon et d’autres combustibles produisant des fumées nocives, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
À Nairobi, Mary Kavutha a remplacé son ancien fourneau à charbon par une cuisinière à induction. Il y a encore deux ans, cette mère de deux enfants devait cuisiner à l’extérieur en raison de la fumée. Elle met aujourd’hui en avant la rapidité, la sécurité et les économies permises par son nouvel équipement.
Pour rendre ces solutions plus accessibles, des entreprises s’appuient sur les crédits carbone. Les réductions d’émissions obtenues lorsque les ménages utilisent moins de combustibles polluants peuvent être converties en crédits puis vendues. Les revenus générés permettent alors de réduire le prix des équipements.
Basée à Nairobi, l’entreprise BURN affirme avoir distribué plus de 7,3 millions de cuisinières dans 11 pays africains. Son fondateur, Peter Scott, considère le financement carbone comme un levier essentiel pour généraliser la cuisson propre sur le continent.
Un modèle qui suscite des réserves
La dépendance aux crédits carbone fait toutefois débat. Des experts estiment que ce mécanisme ne peut, à lui seul, financer une transition suffisamment rapide et à grande échelle.
En juin, l’AIE a annoncé 900 millions de dollars de nouveaux engagements financiers en faveur des technologies de cuisson propre en Afrique. Plus de 30 gouvernements africains ont également adopté de nouvelles mesures dans ce domaine.
Le défi reste considérable : permettre à des centaines de millions de foyers d’abandonner progressivement les combustibles polluants au profit de solutions plus propres et financièrement accessibles.