L’Iran a annoncé une nouvelle hausse du prix de l’essence pour les plus gros consommateurs, une décision qui intervient dans un contexte économique déjà fragile. Alors que le pays fait face à une forte inflation et à une baisse continue du pouvoir d’achat, de nombreux Iraniens redoutent une nouvelle augmentation du coût de la vie.
Iran : le prix de l'essence en hausse, nouveau choc pour les ménages
Depuis mardi, les automobilistes qui dépassent leur quota mensuel de 110 litres d’essence doivent désormais payer 100 000 rials par litre, soit environ deux fois plus que le tarif appliqué depuis décembre. Cette mesure concerne environ 15 % des consommateurs, selon la compagnie publique de distribution de pétrole.
Le gouvernement justifie cette décision par la nécessité de réduire une consommation devenue record. En août, l’Iran a atteint près de 145 millions de litres d’essence consommés chaque jour, alors que la production nationale ne dépasse pas 122 millions de litres quotidiens. Le pays doit donc importer une partie de son carburant.
Mais pour de nombreux habitants, cette hausse risque surtout de se répercuter sur les dépenses quotidiennes. À Téhéran, certains craignent une augmentation générale des prix, notamment ceux des produits alimentaires et des services.
"L’essence est très bon marché selon les standards internationaux, mais avec les faibles revenus de la population, toute hausse exerce une pression supplémentaire sur les citoyens ordinaires", explique Vartges Yadegarian, un habitant de la capitale.
Un sentiment partagé par Hamid Mirzei, 43 ans, qui dénonce une situation déjà difficile : "Les prix des denrées alimentaires ne cessent d’augmenter. La vie est devenue compliquée pour tout le monde. Si le prix de l’essence augmente aussi, la situation ne fera qu’empirer".
Cette décision intervient alors que l’économie iranienne traverse une période de fortes turbulences. La monnaie nationale a atteint des niveaux historiquement bas et l’inflation annuelle avoisine les 67 % selon les statistiques officielles.
Le carburant reste pourtant un sujet extrêmement sensible en Iran. L’essence subventionnée est considérée depuis des décennies comme un acquis social. En 2019, une précédente hausse des prix avait déclenché d’importantes manifestations à travers le pays, suivies d’une répression meurtrière.
Face aux inquiétudes, les autorités affirment que les recettes supplémentaires générées par cette augmentation seront redistribuées aux ménages. Mais pour une population déjà confrontée à la hausse des prix, cette nouvelle mesure ravive les craintes d’une pression économique encore plus forte.