Cap-Vert : deux jours de deuil national en hommage aux 25 morts d'un accident de bus

Vue du drapeau du Cap-Vert à Praia, au Cap-Vert, le 7 mai 2026.   -  
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Le Cap-Vert est en deuil. Le gouvernement a décrété, dimanche, deux journées de deuil national après le décès d’au moins 25 personnes dans l’accident d’un bus survenu samedi soir sur l’île volcanique de Fogo.

Selon les autorités et les médias publics, la majorité des victimes étaient des enfants et des adolescents. Le chauffeur du véhicule figure également parmi les personnes tuées.

Le drame s’est produit dans la localité de Campanas, dans les hauteurs du nord de São Filipe, alors que le bus regagnait la ville après une excursion à Chã das Caldeiras, une vaste zone située au cœur du massif du Pico do Fogo. Le véhicule aurait quitté la chaussée avant de chuter dans un ravin d’environ trente mètres, au milieu d’un relief rocheux et particulièrement difficile d’accès.

Les secours ont travaillé toute la nuit de samedi à dimanche pour atteindre l’épave et récupérer les victimes. Les premiers blessés et les corps ont commencé à être acheminés vers l’hôpital régional de Fogo entre 23 heures et minuit, heure locale. Plusieurs victimes présentaient des lésions traumatiques importantes.

Selon des témoignages recueillis par la radio publique Radio de Cabo Verde, l’éclatement d’un pneu pourrait avoir provoqué la perte de contrôle du véhicule. Cette hypothèse devra toutefois être vérifiée par l’enquête annoncée par les autorités.

Une excursion organisée chaque année

Le bus transportait une trentaine de passagers, principalement des élèves. Le voyage n’avait cependant pas été organisé dans un cadre scolaire, a précisé José Pedro Gonçalves, délégué du ministère de l’Éducation à São Filipe. Le chauffeur organisait chaque année cette excursion, généralement à l’approche de la rentrée scolaire, comme un cadeau destiné aux enfants qu’il transportait habituellement pendant l’année.

L’ampleur du bilan a provoqué une vive émotion dans l’archipel. Les obsèques ont commencé dès dimanche matin. Sept victimes ont été inhumées à l’aube, en raison notamment de l’état des corps. Les dix-huit autres ont été enterrées dans la journée, après une messe célébrée à l’église de São Lourenço, en présence des familles et de nombreux habitants. Le président de la République, José Maria Neves, le Premier ministre, Francisco Carvalho, ainsi que plusieurs membres du gouvernement se sont rendus sur l’île pour assister aux cérémonies.

« La priorité, c’est de se solidariser avec les familles des victimes », a déclaré le chef de l’État à la télévision publique, annonçant qu’il demanderait une enquête afin d’établir les circonstances précises de l’accident.

Le Premier ministre a, lui aussi, promis de nouvelles mesures. « Nous voulons analyser avec les autorités locales les mesures immédiates à prendre », a-t-il déclaré, tout en annonçant les deux jours de deuil national à compter de dimanche.

Les secours confrontés à un relief difficile

Treize blessés ont été pris en charge par l’hôpital régional de Fogo, dont plusieurs dans un état jugé préoccupant. Les autorités sanitaires ont indiqué que l’une des priorités était de stabiliser les patients les plus gravement atteints et, si nécessaire, de les évacuer vers l’hôpital de Praia, la capitale du pays.

Un enfant de six ans a néanmoins pu quitter l’établissement. Une femme enceinte, décrite comme psychologiquement bouleversée, a également survécu sans blessures graves, de même que son bébé.

Une cellule de crise réunissant les trois municipalités de Fogo, le gouvernement, la protection civile et l’hôpital régional s’est réunie dimanche afin de coordonner l’aide aux familles, notamment sur le plan psychologique, et de réfléchir à des mesures de prévention.

Le Premier ministre a également évoqué la nécessité d’adapter les moyens de la protection civile à la configuration particulièrement accidentée de certaines zones de l’île et de renforcer la formation aux premiers secours.

Les accidents de cette ampleur demeurent rares au Cap-Vert, archipel d’Afrique de l’Ouest d’environ 550 000 habitants situé dans l’Atlantique, au large du Sénégal. L’enquête annoncée par le président José Maria Neves devra désormais déterminer les causes exactes de la sortie de route et établir les éventuelles responsabilités.

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