Le cosplay s’est imposé au Kenya, où les fans doivent souvent faire preuve de créativité pour se déguiser en leurs héros de fiction.
Kenya : au cœur de la folie cosplay qui gagne Nairobi
Des milliers de personnes ont assisté ce week-end à la dernière édition de la convention d’anime et de manga Otamatsuri à Nairobi, la capitale kényane – l’une des plus importantes d’Afrique –, dont beaucoup portaient des costumes extravagants inspirés de succès tels que One Piece et Naruto.
Se procurer les matériaux peut toutefois s’avérer difficile.
Julius Mokaya, concierge d’immeuble qui a remporté à deux reprises le concours de costumes de l’événement, n’a pas les moyens d’importer des costumes coûteux ; il se contente donc de carton et d’autres matériaux qu’il récupère dans les bacs de recyclage.
Son modeste appartement regorge d’armes, de masques et d’accessoires fabriqués maison, et il a passé des mois à concevoir son costume de cette année, inspiré d’Enjin, personnage du manga Gachiakuta, une histoire qui raconte l’exil d’un personnage dans une décharge.
Comme il se doit, le message de l’histoire est "que les déchets et les objets jetés ne sont pas vraiment mauvais", a-t-il déclaré à l’AFP.
Cela reste toutefois un loisir coûteux : "Je suis fauché la moitié du temps, mais… j’adore l’aspect créatif, la plongée en profondeur dans la recherche et la compréhension du personnage", a-t-il ajouté.
La lauréate de cette année, Yvonne Chockey, âgée de 24 ans, s'est déguisée en Angewomon, un personnage angélique issu d'une franchise japonaise.
Elle aussi a dû mettre la main à la pâte, utilisant une technique au sable chaud pour chauffer et plier des tuyaux en PVC qui ont servi de structure à huit immenses ailes blanches.
"J’ai dû découper chaque plume une par une, puis les fixer à la base. C’était la partie la plus difficile", a-t-elle expliqué.
Même dans un pays très mondialisé comme le Kenya, ce passe-temps peut encore en surprendre plus d’un.
"Des membres de ma famille ont vu ce que je faisais sur les réseaux sociaux et ont demandé à mon père si j’avais rejoint une secte", a raconté Mokaya.
Mais l'organisateur du salon, Jotham Micah, cofondateur de la société Movie Jabber, a indiqué que plus de 4 000 personnes avaient assisté à l'événement ce week-end, et que "la beauté des anime et des mangas a transcendé les frontières culturelles".
"Cela vous donne la vie. Cela vous inspire", a-t-il ajouté.