L’ancienne vice-présidente du Liberia, Jewel Howard-Taylor, est poursuivie pour trafic de drogue, blanchiment d’argent et plusieurs autres infractions dans le cadre d’une enquête sur un réseau international de trafic de stupéfiants.
Liberia : l’ex-vice-présidente Jewel Howard-Taylor poursuivie pour trafic de drogue
Âgée de 63 ans, l’ancienne responsable politique a été interpellée alors qu’elle s’apprêtait à prendre un vol à l’aéroport international Roberts, près de Monrovia, selon le ministère libérien de la Justice.
La police établit un lien entre l’enquête la concernant et la saisie, en juillet, d’une importante cargaison de cocaïne estimée à 317 millions de dollars. Près de quatre tonnes de drogue, qui auraient été destinées au marché européen, avaient alors été découvertes. Les autorités avaient présenté l’opération comme la plus importante saisie de stupéfiants jamais réalisée dans le pays.
Jewel Howard-Taylor fait notamment face à des accusations d’importation, de vente et de transport illégaux de stupéfiants, ainsi que de trafic illicite, de sollicitation criminelle et de facilitation d’activités criminelles.
Trois ressortissants étrangers, deux Croates et un Ukrainien, sont également poursuivis en leur absence. Les enquêteurs les soupçonnent d’appartenir au même réseau. Les autorités libériennes affirment vouloir recourir aux mécanismes nationaux et internationaux pour les retrouver.
L’enquête s’intéresse également à d’éventuelles complicités au sein des services de sécurité. L’objectif est d’identifier les personnes directement impliquées dans le transport de la drogue, mais aussi les financiers, organisateurs et éventuels protecteurs du réseau.
Jewel Howard-Taylor a été vice-présidente du Liberia de 2018 à 2024, aux côtés du président George Weah. Elle est également l’ex-épouse de l’ancien président Charles Taylor, condamné par la justice internationale pour son rôle dans les crimes commis pendant la guerre civile en Sierra Leone.
L’ancienne vice-présidente n’a pas encore réagi publiquement aux accusations. Son avocat a indiqué ne pas vouloir commenter l’affaire avant sa comparution formelle devant la justice.
Cette procédure intervient alors que le Liberia intensifie sa lutte contre le trafic de cocaïne. Comme plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, le pays se trouve sur une route de transit entre l’Amérique du Sud et l’Europe, utilisée par les réseaux internationaux de narcotrafic.