L'intelligence artificielle pourrait devenir un outil déterminant pour les agriculteurs africains : c'est en tout cas ce qu'affirme Meshack Malo, représentant régional adjoint pour l'Afrique auprès de la FAO, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.
L'IA, un outil déterminant pour l'agrobusiness en Afrique selon la FAO
"L'IA nous permet vraiment d'aller de l'avant. Nous pouvons même lui demander à quoi ressemblera le futur. Et ces informations amèneront les agriculteurs à prendre des décisions différentes", estime M. Malo.
Il souligne la nécessité de disposer de bases de données africaines, de capacités de recherche ou encore d'entreprises spécialisées dans les technologies agricoles pour que le continent puisse devenir moteur dans ce domaine.
Dans plusieurs pays africains, des initiatives numériques portées par des entreprises existent déjà pour aider les agriculteurs à planifier leurs cultures, augmenter leurs rendements et gérer leurs finances.
Mais ces dispositifs ne sont pas accessibles à tous. "Moins de 10 % des agriculteurs bénéficient des services agricoles numériques en Afrique", souligne Meshack Malo.
"Le fait qu'un système d’IA existe ne signifie donc pas que les petits agriculteurs et ceux des zones rurales en tirent profit. Je dois donc dire que de nombreuses communautés rurales ne peuvent tout simplement pas y accéder", poursuit-il, mettant en avant des problèmes de connectivité.
Si Meshack Malo encourage l'utilisation de l'IA dans des domaines comme la prévision météorologique, il assure qu'il ne s'agit pas de remplacer les capacités humaines, affirmant que "la supervision humaine demeure absolument essentielle."
"L’intelligence artificielle devient un outil extrêmement puissant, mais je tiens à préciser qu’elle n’est pas là pour remplacer les agents de vulgarisation agricole, ce qui permettrait aux gouvernements ou au secteur privé de se désengager de ces activités", continue-t-il.
Mais derrière ces nouveaux outils d'intelligence artificielle se trouvent des infrastructures énergivores, au fort impact environnemental.
Les data centers, qui alimentent les technologies d'intelligence artificielle à travers le monde, pourraient ainsi consommer 945 térawattheures d'électricité par an d'ici 2030, soit près du triple de la consommation électrique annuelle cumulée du Pakistan, du Bangladesh et du Nigeria, selon une étude de l'Université des nations unies publiée en juin.