Au Maghreb, une fécondité en baisse bouscule la démographie

Une infirmière s'occupe d'un bébé à la clinique Ain Borja de Casablanca, au Maroc, le 20 mai 2021   -  
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Les pays du Maghreb connaissent des taux de fécondité historiquement bas, selon une étude réalisée par trois chercheuses de l'Institut national d'études démographiques (INED) et publiée en mai dernier.

Dans les années 1970, les femmes marocaines, tunisiennes et algériennes avaient en moyenne entre 7 et 8 enfants, un chiffre qui a depuis chuté drastiquement. 

Parmi les causes de cette évolution, des mariages plus tardifs et des poursuites d'études plus longues, mais aussi des contraintes économiques. 

"Franchement, je préfère n'avoir que deux enfants. Le coût de la vie augmente, les prix grimpent, et cela dépend aussi du salaire", souligne Ahmed, un étudiant rencontré à Salé, au Maroc.

"Même si j'avais un salaire élevé, je préférerais n'en avoir que deux pour bien équilibrer leurs besoins et ceux des parents", abonde le jeune homme. 

À 21 ans, Bouchra Bekioua est sur le point de se marier. La jeune femme, rencontrée à Alger, partage ce point de vue. "Les conditions de vie connaissent une hausse excessive ici. Les gens évitent d'avoir un grand nombre d'enfants, parce qu'il sera difficile de les élever", explique-t-elle.

La baisse de la fécondité est loin d'être un phénomène propre au Maghreb. En 2024, l'INED soulignait que deux tiers de la population mondiale se trouvaient sous le seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme.

Parmi les trois pays du Maghreb, la Tunisie connaît aujourd'hui la chute la plus rapide, avec un taux de fécondité estimé à 1,53 enfant par femme. 

"En Tunisie, cette évolution entraînera certainement une transformation de la structure démographique", estime le démographe Hassen Kassar. "Cela nous conduira, dans les prochaines années, à un besoin accru de main-d'œuvre migrante." 

Au Maroc, pays où la contraception joue un rôle croissant, les femmes ont en moyenne 1,97 enfant. Après un rebond temporaire dans les années 2010, lié à une hausse des mariages, la tendance est aussi à la baisse en Algérie, avec un taux de fécondité de 2,61 enfants par femme. 

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