Ceuta : sous la pression, Madrid réaffirme sa maîtrise de la situation migratoire

Un migrant marocain qui avait traversé la frontière pour entrer en Espagne est renvoyé au Maroc par l'armée espagnole depuis Ceuta, le 3 août 2026.   -  
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Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a réaffirmé mardi la maîtrise de Madrid sur la situation migratoire à Ceuta, alors que la pression politique s'accentue envers l'Espagne.

Le chef de la diplomatie espagnole a rencontré mardi le président de Ceuta, près de deux semaines après un afflux migratoire sans précédent vers l'enclave. Depuis, 70 000 des 72 000 migrants ayant franchi la frontière sont retournés au Maroc. 

"L’intégrité de l’espace Schengen est pleinement garantie à Ceuta et Melilla", une autre enclave espagnole au nord de l'Afrique, a affirmé José Manuel Albares. "Je souhaiterais également profiter de cette occasion pour souligner, au niveau européen, la nécessité de renforcer le soutien apporté à Ceuta, ainsi qu’à Melilla, et de veiller à ce que leurs conditions sociales et économiques particulières soient également prises en compte." 

Le ministre a également haussé le ton contre l'Italie, accusant Rome de n'avoir "pas fait preuve du même esprit de solidarité et de soutien envers l’Espagne que la grande majorité des pays de l’UE", selon des propos rapportés par le média Euractiv.

L'Espagne a imposé la semaine dernière des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d'Italie, en réponse à des mesures similaires prises par le gouvernement de Giorgia Meloni.

Autre point de tension, le sort des migrants encore présents à Ceuta fait l'objet de vives discussions entre le gouvernement central espagnol, de gauche, et les autorités de l'enclave, marquées à droite. 

Le président de Ceuta Juan Jesús Vivas a appelé lundi à "confiner" ces ressortissants en attendant leur expulsion. 

"Il faut aménager un espace qui fonctionnerait comme un centre de rétention pour étrangers, où ces personnes puissent être placées et y demeurer confinées", a déclaré Juan Jesús Vivas au cours d'une conférence de presse, évoquant une situation sur place "intenable, inacceptable".

"Leur liberté de mouvement sera restreinte jusqu'à ce que leur dossier d'expulsion soit instruit et finalisé", a-t-il martelé, appelant "urgemment" à "un plan d'Etat ayant pour objet de rétablir la normalité à Ceuta".

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