Les rues de Porto-Novo ont vibré durant deux jours, au rythme des danses, des chants et des apparitions spectaculaires qui ont marqué le Festival des Masques.
Bénin : Porto-Novo célèbre ses masques et ses traditions ancestrales
Figures emblématiques du patrimoine culturel béninois, les Egungun, les Zangbéto et les Guèlèdè ont investi la capitale politique à travers des cérémonies et des parades destinées à célébrer la richesse des traditions ancestrales.
Au-delà de leur dimension spectaculaire, ces masques sont porteurs d’une mémoire et d’un langage propres, selon le professeur Mahougnon Kakpo, président du Comité des rites Vodun du Bénin. « Le masque est universel. Chaque peuple, chaque civilisation admet ses masques », explique-t-il, soulignant que les générations anciennes ont transmis, à travers ces objets et les pratiques qui les entourent, des idées et des paroles destinées à traverser le temps.
Pour le responsable, le masque ne se réduit donc pas à un élément de costume destiné à dissimuler un visage. Il constitue, au contraire, un support de transmission. « Les masques ne sont pas seulement ceux qu’on met au visage et qu’on enlève. Les masques représentent une parole », affirme-t-il.
Cette dimension symbolique est au cœur de la démarche du festival, qui cherche à rendre ces traditions accessibles à un public plus large, y compris aux visiteurs qui ne maîtrisent pas les codes culturels et rituels qui les accompagnent. Derrière chaque apparition, chaque danse et chaque cérémonie se trouve ainsi un récit, une histoire et une mémoire collective que les organisateurs souhaitent faire connaître au-delà des communautés détentrices de ces savoirs.
Le Festival des Masques revendique également une ouverture internationale. Les masques sacrés comme les masques profanes sont considérés comme porteurs d’une parole, rappelle Mahougnon Kakpo. La dimension internationale de la manifestation vise ainsi à élargir la représentation des traditions et à favoriser la participation de masques issus d’autres horizons culturels, au-delà du seul patrimoine béninois.
Pour les visiteurs étrangers, cette immersion constitue souvent une découverte. Martin Cruz, présent au Bénin depuis une quinzaine de jours, dit avoir découvert à Porto-Novo l’existence même du festival. La diversité des costumes, des danses et des coiffures, mais aussi l’ancrage de ces pratiques dans la vie culturelle et sociale, ont particulièrement retenu son attention.
« Je pense que je vais acheter des livres pour comprendre beaucoup mieux toutes ces cérémonies, les masques, les danses », témoigne le touriste, qui se dit « très impressionné » par l’importance de cette culture au sein de la population. Pour lui, le spectacle offert par le festival est « magnifique ».
À travers cette manifestation, Porto-Novo entend ainsi inscrire les traditions masquées au cœur d’une approche renouvelée de la promotion touristique du Bénin. L’objectif ne serait plus seulement d’attirer les visiteurs, mais de leur proposer une expérience fondée sur l’immersion, la compréhension des rites et la rencontre avec les acteurs qui perpétuent ces pratiques.
Reste désormais à maintenir l’équilibre entre ouverture au public, développement touristique et préservation du sens profond des traditions. La capacité du Festival des Masques à s’imposer dans la durée dépendra, lors de ses prochaines éditions, de son aptitude à élargir son audience sans diluer l’identité culturelle et la portée symbolique des pratiques qu’il entend mettre en lumière.