En Éthiopie, le Parti révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRP), une formation d'opposition, a accusé mardi 22 juillet le gouvernement fédéral de pousser le Tigré vers une nouvelle guerre.
Éthiopie : des tensions ravivent les craintes d’un nouveau conflit au Tigré
Le parti critique notamment une manifestation organisée le week-end dernier à Addis-Abeba, au cours de laquelle des participants ont dénoncé les recrutements forcés attribués au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Selon l'EPRP, le gouvernement recourt à une « rhétorique similaire » à celle qui avait précédé le déclenchement du conflit de 2020.
Face au risque d'une reprise des hostilités, les États-Unis intensifient leurs efforts diplomatiques. Près d'un mois après avoir annoncé des sanctions de visas contre des dirigeants du TPLF qualifiés de « radicaux », l'ambassadeur américain en Éthiopie, Ervin Massinga, s'est rendu au Tigré puis dans la région Amhara afin d'encourager la pleine mise en œuvre de l'accord de paix de Pretoria et de promouvoir un dialogue durable.
Cette visite s'est déroulée dans un climat de fortes tensions. Selon plusieurs sources, le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael, a refusé de rencontrer le diplomate américain, tandis que le président de l'administration intérimaire du Tigré, Tadesse Worede, aurait été placé en résidence surveillée par le TPLF, l'empêchant de le recevoir en personne.
Par ailleurs, les différends territoriaux autour des zones de Wolkait et Raya, revendiquées par le TPLF mais administrées par la région Amhara, demeurent l'un des principaux obstacles à l'application de l'accord de Pretoria et nourrissent les inquiétudes d'une reprise du conflit dans le nord de l'Éthiopie.