Le détroit d'Ormuz est à nouveau le théâtre d'affrontements, l'Iran attaquant des navires empruntant une route contrôlée par les États-Unis à travers cette voie navigable stratégique. Lorsque les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre contre l'Iran le 28 février, Téhéran a, de fait, fermé le détroit à la circulation maritime.
Guerre en Iran : comment le détroit d'Ormuz est-il surveillé en plein conflit ?
Cette décision a fait flamber les prix du pétrole, des engrais et de nombreux autres produits bien au-delà de la région, et a donné à l'Iran un atout majeur dans les négociations.
Cette carte montre les navires qui naviguent actuellement dans cette zone, alors que les frappes réciproques qui se succèdent depuis plusieurs jours font craindre que la région ne replonge dans une guerre totale.
Comment les pays directement impliqués dans le conflit – ainsi que la communauté internationale – peuvent-ils savoir ce qui se passe dans cette vaste étendue d'eau ?
« Il n'y a pas d'autorité de contrôle unique », explique le commodore Steve Prest, officier de marine à la retraite et chercheur associé au Royal United Services Institute (RUSI).
« Les Américains travailleront donc, éventuellement avec leurs alliés et partenaires, au partage d’informations dans le cadre d’une veille. Mais ils assureront cette veille par divers moyens, en combinant de nombreuses sources d’informations et de données différentes afin de dresser un tableau cohérent de l’activité dans et autour du détroit d’Ormuz, et même de l’ensemble de ce théâtre d’opérations, c’est-à-dire la zone d’opération du CENTCOM, si vous préférez. »
Selon M. Prest, cette image a été établie à partir des données radar provenant de navires de guerre, de drones de surveillance, d'avions de patrouille maritime, de satellites et des données du trafic maritime.
« Il existe des solutions commerciales qui permettent, par exemple, d'analyser les émissions électroniques provenant des navires », explique M. Prest.
« Les navires émettent donc des signaux radio, ou bien ils sont détectés par des radars maritimes, voire simplement grâce à une image infrarouge permettant de voir le panache de chaleur qui s'échappe de la cheminée du navire. Ces éléments sont observables depuis l'espace. »
Les frappes successives menées par les États-Unis et l'Iran à travers le Moyen-Orient ont réduit à néant l'accord provisoire visant à mettre fin à la guerre en Iran.
Selon les autorités iraniennes, les frappes américaines auraient déjà fait plus de 35 morts et plus de 300 blessés.
Les deux parties se sont mutuellement reproché l'échec des négociations.
« Nous avions conclu un accord hier, ou avant-hier, tout était réglé », a déclaré lundi le président américain Donald Trump. « Et puis ils ont immédiatement rompu cet accord parce qu'ils ont découvert qu'il contenait un élément qui ne leur plaisait pas. »
Le lendemain, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a nié que son pays se soit jamais retiré de la table des négociations.
Selon M. Prest, la surveillance sera essentielle pour garantir toute forme de paix.
« Il n'y a pas beaucoup de confiance pour le moment entre les États-Unis d'Amérique et le régime iranien », déclare-t-il.
« Il faudra donc suivre de près tout ce qui se passera et, au fil du temps, parvenir à instaurer un climat de confiance. Et cette confiance ne reposera pas nécessairement sur les intentions de l'autre, mais plutôt sur le fait que, au moins, nous pouvons croire qu'il agira de manière prévisible, conformément à l'accord. »
Les États-Unis ont menacé de rouvrir le détroit par la force, mais selon les experts, cela nécessiterait une flotte bien plus importante, voire des dizaines de milliers de soldats au sol.