Soudan : le chef des FSR condamné mort par contumace

Sur cette photo d'archive datée du 18 mai 2019, le général Mohammed Hamdan Dagalo, commandant des Forces de soutien rapide, s'adresse aux journalistes à Khartoum, au Soudan.   -  
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Un tribunal de Port-Soudan, ville contrôlée par l'armée soudanaise, a condamné dimanche par contumace le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Daglo, ainsi que 15 autres personnes, pour l'assassinat d'un gouverneur régional et pour crimes de guerre au Darfour, ont rapporté les médias d'État.

Ce verdict, rendu par un système judiciaire relevant de l’armée, est le premier à viser les dirigeants des Forces de soutien rapide (FSR) depuis le début de la guerre entre ce groupe paramilitaire et l’armée soudanaise en avril 2023.

Le tribunal a reconnu Daglo et les autres accusés coupables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et d’attaques contre des civils et des infrastructures publiques, a rapporté l’agence de presse officielle SUNA.

Parmi les condamnés figurent le frère et adjoint de Daglo, Abdelrahim Hamdan Daglo, ainsi que plusieurs officiers des FSR et chefs tribaux issus des communautés arabes du Darfour occidental.

L’affaire porte sur l’assassinat du gouverneur du Darfour occidental, Khamis Abbakar, en juin 2023, peu après la prise d’El-Geneina, la capitale de l’État, par les forces des FSR.

Khamis Abbakar a été tué quelques heures après avoir accusé les FSR et les milices alliées d’avoir mené des attaques contre des civils.

Des experts de l’ONU ont établi qu’entre 10 000 et 15 000 personnes, pour la plupart issues de l’ethnie Massalit, avaient été tuées à El-Geneina au cours de ces violences.

Les FSR ont nié à plusieurs reprises les allégations de génocide et d’autres crimes de guerre.

La cour a déclaré qu’elle renverrait l’affaire devant la Cour suprême pour réexamen et qu’elle demanderait l’arrestation et l’extradition des personnes condamnées par l’intermédiaire d’Interpol et d’autres canaux internationaux.

Le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, et Daglo avaient mené conjointement le coup d’État de 2021 qui a fait dérailler la transition du Soudan vers un régime civil, avant de se brouiller au sujet des projets d’intégration des FSR dans l’armée régulière, un différend qui a finalement conduit à la guerre.

Ce conflit entre l’armée et les FSR, qui en est désormais à sa quatrième année, a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 11 millions de personnes et déclenché ce que les Nations unies décrivent comme la plus grande crise mondiale en matière de déplacements de population et de famine.

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