Les Nations unies ont annoncé mercredi que le dernier rapport de leur Mission internationale indépendante d'enquête sur le Soudan apportait de nouvelles preuves selon lesquelles les crimes perpétrés dans le conflit soudanais répondent aux éléments constitutifs d'un génocide.
Soudan : l’ONU alerte sur des actes pouvant relever du génocide
Lors d'un point de presse à New York, le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que le rapport documentait des attaques d'une extrême brutalité menées par les Forces de soutien rapide (FSR) contre des populations civiles, notamment dans la ville d'El-Fasher, au Darfour. Selon la Mission, ces exactions comprennent des massacres, des enlèvements systématiques de femmes et de jeunes filles ainsi que des viols collectifs de grande ampleur.
L'ONU affirme également observer des schémas de violence similaires dans la ville d'El-Obeid, où la Mission d'enquête redoute une aggravation de la situation humanitaire et sécuritaire. Face à ces informations, elle a ouvert une enquête urgente sur les violations présumées des droits humains et les exactions qui y auraient été commises. Cette démarche intervient à la suite d'une résolution adoptée en début de semaine par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies.
La Mission d'enquête réitère son appel à une véritable reddition de comptes et demande une coopération rapide avec la Cour pénale internationale (CPI), estimant que les auteurs présumés de ces crimes doivent répondre de leurs actes.
Alors que les populations civiles continuent de payer le prix du conflit opposant l'armée soudanaise aux Forces de soutien rapide, la Mission poursuit ses investigations. Elle prévoit de présenter de nouveaux rapports sur la situation à El-Obeid et dans ses environs au Conseil des droits de l'homme ainsi qu'à l'Assemblée générale des Nations unies, conformément au mandat qui lui a été confié.