Au lendemain des manifestations anti-immigrés en Afrique du Sud du 30 juin, les forces de l’ordre montaient la garde devant les commerces dans le township de Clermont, à Durban. Alors que débutait l’évaluation des pertes provoquées par les saccages et pillages.
Af.du Sud : les commerçants évaluent les pertes après les manifestations anti-immigrés
Les propriétaires découvraient l’ampleur des dégâts. Certains ont estimé leurs pertes à plusieurs millions de rands, se disant incertains de pouvoir rouvrir leurs portes.
''Les personnes qui sont également touchées, ce sont celles qui résident légalement dans le pays et qui créent des emplois pour la population locale. Regardez ce magasin, c’est l’un des commerces de notre quartier ; c’était le magasin principal où ils avaient placé toutes leurs économies, et dix-neuf personnes qui travaillaient ici aujourd’hui se retrouvent sans emploi.'', raconte Mohamed Abdul, gérant de magasin, originaire de Somalie.
Même son de cloche pour d’Ali Ali. Ce somalien de 21 ans a vu son magasin vidé par les manifestants. Il évalue les pertes à plus de 100 000 euros.
''Beaucoup de gens sont arrivés vers trois ou quatre heures de l’après-midi et ils ont tout emporté : les réfrigérateurs, les produits d’épicerie, [inaudible], les cosmétiques, les produits alimentaires et les boissons fraîches, tout. Je veux dire que le stock s’élève à au moins deux millions et demi [de rands, soit 133 664 euros].'', explique Ali Ali, propriétaire d’un magasin pillé, originaire de Somalie.
Un organisme de sécurité interinstitutionnel du gouvernement a indiqué qu’il y avait eu 120 manifestations dans tout le pays mardi et que seules 12 d’entre elles avaient nécessité l’intervention des forces de l’ordre.
Craignant une répétition des troubles survenus il y a cinq ans, au cours desquels environ 350 personnes avaient trouvé la mort, le gouvernement a mis en place un dispositif de sécurité renforcé pour les manifestations de mardi.
Il s’agissait de la première journée de manifestations coordonnées à l’échelle nationale dans le cadre d’une campagne de protestations, qui dure depuis plusieurs semaines, contre les migrants en situation irrégulière, accusés par les groupes de manifestants de prendre le travail des locaux.
Un organisme de sécurité interinstitutionnel du gouvernement a indiqué qu’il y avait eu 120 manifestations dans tout le pays mardi et que seules 12 d’entre elles avaient nécessité l’intervention des forces de l’ordre.
Sur les plus de 900 personnes arrêtées, la plupart étaient des étrangers en situation irrégulière et des pillards sud-africains, a-t-il précisé. Alors que l’on estimait à plusieurs milliers le nombre de participants, les rassemblements n’ont pas été aussi importants ni aussi violents que prévu, a déclaré à l’AFP l’expert en politique Henning Melber.
Les organisateurs « se sont trop fiés à leur popularité », a déclaré Tendai Mbanje, expert en gouvernance. Sans le soutien de certains petits partis politiques, la participation aurait été encore « plus faible », a-t-il ajouté.