Maroc : le Festival Gnaoua d’Essaouira célèbre sa 27ᵉ édition

Jean-Michel Jarre, entouré d'une femme marocaine jouant de la guitare chikhate et d'un Gnaoua marocain, à Merzouga, le samedi 16 décembre 2006   -  
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À Essaouira, ville emblématique du patrimoine Gnaoua, l’ouverture du festival est chaque année marquée par un moment fort : la grande parade des confréries.

Dans les ruelles de la médina, les maâlems venus de tout le Maroc donnent le coup d’envoi de cette 27ᵉ édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, devenu au fil des années un rendez-vous incontournable des musiques de fusion et de transmission.

Cette année, plus de 300 000 festivaliers ont répondu présent pour célébrer l’événement.

Pour Neila Tazi, fondatrice et productrice du festival, cette rencontre artistique puise son sens dans une mémoire africaine longtemps marginalisée.

« L’Afrique fait partie de l’ADN du festival. Au cœur du projet, la culture Gnaoua, une culture issue de pays différents, des pays d’Afrique subsaharienne, qui a une longue histoire de déportation, d’artistes descendants d’anciens esclaves. Il était important pour nous de valoriser cet aspect occulté pendant des décennies, une culture trop longtemps marginalisée, alors qu’elle a une extraordinaire histoire à raconter au monde. »

L’un des moments forts de cette édition a été le retour du bassiste camerounais Richard Bona sur la scène Moulay Hassan, devant près de 50 000 personnes.

« Nos musiques africaines ont toujours un point commun, plus ou moins. Que ce soit le gnaoua, le sabar, le bolobo, ou la cité africaine — si tu connais la grammaire, tu vas lire cette musique très facilement, ou la comprendre. Revenons au rythme : le rythme ne nous est pas étranger quand on est africain. »

Le festival poursuit également son exploration des croisements artistiques. Le jeune maâlem Mehdi Qamoum, venu d’Agadir, a partagé la scène avec le Harlem Spirit of Gospel dans une création mêlant traditions gnaoua et gospel, issues de racines spirituelles communes.

« Le Maroc devient le point de rencontre des traditions musicales africaines, qui dialoguent avec la musique Gnaoua. C’est toute l’essence du Festival Gnaoua et Musiques du Monde. »

Avec cette 27ᵉ édition, le festival confirme son rôle de plateforme de création et de dialogue entre les musiques africaines et les scènes du monde entier. Une dynamique qui devrait se poursuivre lors de la prochaine édition, en 2027.

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