Le Niger a officiellement quitté la Cour pénale internationale, accusant cette instance judiciaire de La Haye de pratiquer une justice sélective.
AES : le Niger officialise son départ de la Cour pénale internationale
Ce pays d’Afrique de l’Ouest a adressé, lundi, une lettre aux Nations unies, déclenchant ainsi la procédure de retrait du traité fondateur de la Cour, le Statut de Rome.
« Alors que la Cour avait suscité de grands espoirs parmi les peuples épris de paix et de justice, elle a été détournée de sa vocation et exploitée », indique la lettre.
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient annoncé l’année dernière leur intention de quitter la Cour.
Un coup d’État a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Niger en 2023. Depuis lors, le pouvoire militaire a tourné le dos à ses partenaires de longue date et a noué de nouvelles alliances, notamment avec la Russie, où le président Vladimir Poutine fait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI dans le cadre de la guerre en Ukraine.
Le Mali et le Burkina Faso ont connu des évolutions similaires.
La CPI a fait part de sa déception face à ce retrait. « Nous regrettons toute décision de se retirer de l’effort collectif visant à mettre fin à l’impunité pour les crimes internationaux les plus graves », a déclaré la Cour dans un communiqué.
Avec ce retrait, le Niger devient le troisième pays à quitter la CPI, après les Philippines et le Burundi.
Son retrait prendra effet douze mois après la réception de la lettre, mais tout crime commis avant son départ officiel restera soumis à la compétence de la Cour.
Au début du mois, plus de 30 personnes ont été tuées lors d’une attaque menée par des hommes armés contre l’aéroport principal de Niamey, la capitale du Niger. Il s’agissait de la deuxième attaque cette année contre cet aéroport, plaque tournante stratégique qui sert de quartier général à l’armée au pouvoir et abrite sa base aérienne ainsi que la plupart de ses drones et de ses avions. C’est également le siège de l’alliance régionale qui rassemble les troupes du Niger, du Mali et du Burkina Faso.
Ces violences constituent le dernier signe en date de la tendance croissante des groupes armés à cibler les villes et les centres urbains de la région africaine du Sahel.
La Hongrie avait décidé de se retirer de la CPI l’année dernière, mais elle est revenue sur sa décision après la défaite électorale de Viktor Orbán à la présidence en avril.