À quelques mois de l'ouverture de la bataille pour la succession du président angolais João Lourenço à la tête du parti au pouvoir, la justice a engagé des poursuites contre l'un des prétendants déclarés.
Angola : un rival de Joao Lourenço poursuivi pour détournement de fonds
Le général à la retraite Higino Carneiro est visé par une enquête pour détournement de fonds et blanchiment d'argent, selon le parquet général angolais.
L'affaire intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. L'Angola s'apprête à entrer dans une période décisive avec le congrès du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), prévu en décembre, avant les élections législatives attendues en août 2027. Traditionnellement, le président du MPLA devient le candidat naturel du parti à la magistrature suprême.
Âgé de 70 ans, Higino Carneiro figure parmi les rares responsables du MPLA à avoir publiquement manifesté leur intention de briguer la direction du parti. Face à lui se trouve notamment le président João Lourenço, qui dirige actuellement la formation et qui souhaite conserver son poste lors du prochain congrès.
Dans un communiqué publié mardi, le parquet a indiqué avoir officiellement notifié à l'ancien général qu'il faisait l'objet d'une enquête portant sur sa gestion de la province de Cuando-Cubango, qu'il a gouvernée entre 2012 et 2016. Les autorités le soupçonnent de détournement de fonds publics et de blanchiment d'argent durant cette période.
Personnalité influente de la vie politique angolaise, Higino Carneiro a occupé plusieurs fonctions de premier plan au cours des dernières décennies. Il a notamment été ministre des Travaux publics entre 2002 et 2010, vice-président de l'Assemblée nationale de 2010 à 2012, puis gouverneur de la province de Luanda entre 2016 et 2017.
Réagissant aux accusations, l'ancien responsable a affirmé mercredi son attachement à la transparence et à l'État de droit. Dans un communiqué, il a défendu son « intégrité » et assuré qu'il coopérerait pleinement avec les autorités judiciaires.
Cette procédure judiciaire intervient alors que les spéculations se multiplient autour de l'avenir politique du président João Lourenço. Arrivé au pouvoir en 2017, le chef de l'État, aujourd'hui âgé de 71 ans, approche de la fin de son second mandat, la limite fixée par la Constitution angolaise.
Plusieurs observateurs estiment toutefois qu'il pourrait chercher à prolonger son maintien au pouvoir, ce qui nécessiterait une révision constitutionnelle. Une éventuelle reconduction à la tête du MPLA en décembre renforcerait considérablement son influence sur le choix du futur candidat du parti, voire sur un éventuel projet de modification de la Constitution.
Le contexte politique reste marqué par l'érosion progressive de l'hégémonie du MPLA. Lors des élections législatives de 2022, le parti avait remporté 51,17 % des suffrages, soit son plus faible score depuis l'indépendance du pays en 1975. Le scrutin avait également été le plus disputé de son histoire.
Son principal rival, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), avait obtenu 43,95 % des voix et contesté les résultats proclamés par les autorités électorales. Ces recours n'avaient toutefois pas abouti.