Côte d'Ivoire : démolition controversée à Abidjan, le principal suspect arrêté

Vue aérienne d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, le lundi 27 octobre 2025. (Photo AP/Misper Apawu)   -  
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La police ivoirienne a annoncé vendredi avoir arrêté un homme accusé d'avoir utilisé un faux document judiciaire pour ordonner la démolition d'une grande partie d'un quartier d'Abidjan.

En Côte d'Ivoire, la police a annoncé vendredi l'arrestation d'un homme soupçonné d'avoir utilisé un faux document judiciaire pour ordonner la démolition d'une grande partie d'un quartier d'Abidjan. Une affaire qui suscite l'indignation depuis le 3 juin date à laquelle une partie du camp de Koumassi a été rasée par des bulldozers.

Depuis plusieurs années, les autorités ivoiriennes mènent une vaste campagne d'assainissement urbain dans la capitale économique, en pleine expansion. Des habitations illégales y sont régulièrement démolies, au nom de la sécurité publique. Mais cette fois, le gouvernement dément toute implication : selon lui, la démolition aurait été ordonnée par un individu sans la moindre autorité légale.

Cet homme, c'est Jacques Alloui Brou. Il est apparu dans une vidéo publiée sur Facebook, où il revendique être à l'origine des démolitions affirmant détenir une décision de justice les autorisant. Mais le procureur d'Abidjan, Oumar Braman Kone, est formel : ce document, selon ses mots, « n'autorisait la démolition d'aucun bâtiment ».

Une enquête a aussitôt été ouverte, et un mandat d'arrêt délivré à l'encontre de M. Brou. Cet homme d'affaires de 76 ans a finalement été interpellé jeudi, dans le quartier de Port-Bouet, à Abidjan. C'est un porte-parole de la police qui l'a confirmé, sans donner davantage de détails.

Pour le procureur, les faits pourraient constituer des troubles à l'ordre public, des coups et blessures, ainsi qu'une destruction volontaire de biens. Des infractions passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison.

Conséquence directe de cette affaire : plusieurs milliers de personnes ont perdu leur logement dans le camp de Koumassi, près du centre-ville d'Abidjan — et n'ont, à ce jour, bénéficié d'aucun relogement.

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