Les USA restreignent les visas d'Ethiopiens accusés d’entraver la paix au Tigré

L'antenne de Miami des Services américains d'immigration (USCIS), le 17 août 2018.   -  
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Washington durcit sa position face à la dégradation du processus de paix en Éthiopie en ciblant, par des restrictions de visa, des acteurs accusés d’alimenter les tensions dans la région du Tigré, où les risques de reprise du conflit restent élevés.

Le Département d’État américain a annoncé jeudi l’instauration de restrictions de visa ciblées à l’encontre de ressortissants éthiopiens identifiés comme compromettant la stabilité et la paix en Éthiopie. Ces mesures visent en particulier des membres de la ligne dure du Front de libération du peuple du Tigré ainsi que leurs proches.

Washington justifie cette décision par la persistance de tensions entre les factions radicales du TPLF et le gouvernement fédéral éthiopien, estimant que cette dynamique pourrait raviver le conflit dans le nord du pays et menacer la sécurité régionale. Le Département d’État évoque explicitement les affrontements survenus plus tôt dans l’année entre forces tigréennes et armée fédérale comme élément aggravant.

Selon le communiqué, la politique de restriction vise les individus « responsables de l’entrave à la résolution de la crise dans la région du Tigré, ou complices de celle-ci ». Elle intervient alors que le principal parti du Tigré a repris en mai le contrôle de l’administration régionale, en violation d’une disposition clé de l’accord de paix de Pretoria ayant mis fin à la guerre de 2020-2022.

Dans ce contexte, les autorités tigréennes ont rétabli un conseil législatif antérieur au conflit, lequel a reconduit Debretsion Gebremichael, figure dirigeante du TPLF, à la tête de la région. Cette évolution est perçue par plusieurs observateurs comme un facteur de fragilisation de l’accord de cessez-le-feu.

Le conflit du Tigré, qui a également impliqué l’Érythrée, est considéré comme l’un des plus meurtriers du début du XXIᵉ siècle, ayant causé, selon des estimations académiques, des centaines de milliers de morts, entre combats, famines et effondrement des infrastructures sanitaires.

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