Au Kenya, neuf élèves ont comparu mardi devant la Haute Cour de Naivasha, dans le cadre de l’enquête sur un incendie mortel survenu dans un internat de jeunes filles. Les faits se sont déroulés le 28 mai dans la région de Nairobi, tandis que la procédure est instruite à Naivasha, dans le comté de Nakuru.
Kenya : neuf élèves poursuivies après l’incendie meurtrier d’un internat à Naivasha
L’incendie a ravagé le dortoir de l’Utumishi Girls School, établissement qui accueillait 202 élèves. Le bilan fait état de seize morts et de soixante-dix-neuf blessées, dont sept grièvement, certaines ayant été évacuées vers Nairobi pour des soins spécialisés.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le feu aurait été déclenché volontairement à l’aide d’une allumette et de paraffine, en incendiant un matelas placé près d’une issue, ce qui aurait favorisé la propagation rapide des flammes et entravé l’évacuation.
Les investigations indiquent également que la surveillante n’aurait pas ouvert une porte de secours, contraignant les élèves à fuir par une seule sortie dans un mouvement de panique. Des images de vidéosurveillance montreraient plusieurs pensionnaires dans le couloir peu avant le déclenchement de l’incendie.
Les neuf suspectes, placées en garde à vue depuis cinq jours, sont poursuivies pour leur rôle présumé dans la planification et l’exécution de l’incendie. Le parquet a demandé un délai supplémentaire afin de poursuivre les investigations, et le tribunal doit statuer sur une éventuelle prolongation de la détention provisoire.
Les autorités ont précisé que les jeunes filles ont été placées sous la responsabilité du bureau de l’enfance afin d’éviter toute détention avec des adultes. Le magistrat Abdulqadir Lorot a déclaré à ce sujet : « Nous sommes désormais certains que, grâce au bureau de l’enfance, elles seront entre de bonnes mains et qu’il n’y aura aucune possibilité qu’elles soient détenues avec d’autres. »
Des analyses ADN sont en cours pour identifier plusieurs corps calcinés, tandis que les résultats sont attendus dans les prochains jours.
Depuis ce drame, cinq autres incendies ont été signalés dans des établissements scolaires à travers le pays. La Croix-Rouge kenyane indique être intervenue sur trente-sept incendies scolaires depuis le début de l’année, sans qu’aucun autre n’ait fait de victimes.
Les incendies en milieu scolaire constituent un problème récurrent au Kenya, où les dortoirs surpeuplés et le manque d’équipements de lutte contre le feu sont régulièrement pointés du doigt. Si certaines causes sont attribuées à des défaillances électriques, d’autres affaires impliquent des actes volontaires liés à des conflits disciplinaires.
Les autorités poursuivent leurs investigations alors que le pays reste marqué par plusieurs drames similaires, dont un incendie en 2001 ayant fait 67 morts dans le comté de Machakos et un autre en 2024 ayant coûté la vie à 21 enfants dans le comté de Nyeri.