Près de Rabat, le marché d’Aïn Aouda retrouve son effervescence après avoir été annulé l’an dernier.
Au Maroc, le sacrifice du mouton autorisé pour la fête de l’Aïd al-Adha
Vendeurs et acheteurs s’activent à l’approche de l’Aïd al-Adha, l’une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman. Cette célébration commémore un épisode du Coran dans lequel le prophète Ibrahim s’apprêtait à sacrifier son fils en signe d’obéissance à Dieu, avant que celui-ci ne remplace l’enfant par un mouton. Du Sénégal à l’Indonésie, cette tradition profondément ancrée pousse parfois certaines familles à contracter des emprunts pour pouvoir acheter un mouton destiné au sacrifice.
Dans les allées du marché, les bêlements des moutons et des béliers accompagnent les discussions entre vendeurs et clients. Avant de faire leur choix, les acheteurs examinent minutieusement chaque animal : sa constitution physique, son âge et même l’état de ses dents, autant de critères déterminants pour évaluer sa qualité.
Parmi les races les plus recherchées figurent notamment le Sardi et le Barki, dont les prix varient selon la taille, la qualité et la demande. Mais au final, le choix dépend avant tout du budget des ménages.
Ibrahim Nouini, vendeur de moutons, explique : « Le bélier Sardi est bien disponible sur le marché, avec des prix variant entre 400 et 700, voire 750 euros selon sa taille. Quant au bélier Barki, son prix oscille entre 350 et 600 euros. L’offre est abondante, mais de nombreux clients restent préoccupés par le coût élevé et achètent selon leurs moyens. »
Les conditions climatiques jouent également un rôle essentiel dans la dynamique du marché. La qualité des pâturages et l’état du cheptel dépendent largement des précipitations. Si les pluies ont été plus favorables cette année, leurs effets ne se reflètent pas encore pleinement sur les étals. Les éleveurs espèrent toutefois une augmentation de l’offre lors des prochaines saisons. Nombre d’entre eux s’appuient sur le pâturage naturel tout au long de l’année, avant d’entamer, dans les trois mois précédant l’Aïd, une phase d’alimentation intensive à base de concentrés pour améliorer le poids et la qualité des animaux.
Mais la hausse continue du coût des aliments pour bétail ces dernières années a fortement alourdi les coûts de production, un fardeau qui se répercute directement sur les prix payés par les consommateurs.
Malgré ces difficultés, le cheptel national connaît une nette progression, réduisant le besoin de recourir aux importations et permettant une meilleure disponibilité des différentes races sur les marchés. Mustapha Laissate, chercheur en environnement à Rabat, se montre optimiste : « En 2025, le cheptel national comptait 23 millions de têtes. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 41 millions, incluant moutons, chèvres et bovins. Pour la première fois, nous n’avons pas eu recours à des importations de bétail, et toutes les races sont désormais disponibles en quantité suffisante. Ces indicateurs sont encourageants et laissent espérer un rétablissement complet du cheptel national dans les deux prochaines années. » Cette année, l’Aïd al-Adha devrait être célébré le 27 mai.