En Afrique, les économies restent étroitement liées au marché pétrolier. La récente hausse de production annoncée par l’OPEP et ses alliés, de 188 000 barils par jour, reste surtout symbolique, alors que la production réelle demeure inférieure aux quotas.
Marché pétrolier : l’Afrique face aux nouvelles turbulences [Business Africa]
Cette situation s’explique notamment par les tensions au Moyen-Orient et les perturbations autour du détroit d’Hormuz.
Autre évolution majeure : le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP, qui deviennent un concurrent direct avec une production en hausse.
Pour les pays africains, les effets sont contrastés : des revenus potentiellement plus élevés pour les exportateurs, mais une pression accrue sur les importateurs, déjà confrontés à la hausse des prix de l’énergie.
Dans ce contexte incertain, réduire la dépendance au pétrole devient un enjeu stratégique pour le continent.
Cameroun : le barrage de Lagdo à bout de souffle
À Pitoa, près de Garoua, les coupures d’électricité rythment désormais le quotidien des habitants. Depuis plusieurs semaines, les familles peinent à faire face, notamment en raison de la forte chaleur.
« Sans électricité, on ne peut ni utiliser de ventilateur ni conserver les aliments », témoigne Goodlive Gongang, habitante.
Pourtant alimentées par le barrage de Lagdo, les régions du nord font face à une baisse de production liée aux conditions climatiques. Le réservoir n’a été rempli qu’à moins de 80 % en 2025, selon Eneo.
Avec une demande en hausse, l’hydroélectricité ne suffit plus. Le recours au thermique est envisagé, mais son coût, environ 5 milliards de francs CFA par mois, reste élevé.
En attendant, les habitants continuent de vivre au rythme des coupures.
Burundi : la hausse des prix relance la filière café
Au Burundi, la hausse du prix du café cerise, passé de 0,4 à 0,9 dollar par kilogramme, redonne de l’élan à la filière. Un an après, les agriculteurs s’y intéressent à nouveau, notamment à Gitega, où certains relancent leur production.
« Le prix est bon », se réjouit Mélance Hakizimana, caféiculteur, qui développe déjà sa plantation. Mais la filière reste fragilisée. La production a chuté de 18 500 tonnes en 2020 à 7 500 tonnes en 2024, en raison notamment de crises passées et de difficultés structurelles.
Pour les experts, la relance passe aussi par l’amélioration de la qualité et des investissements dans la transformation.