Centrafrique : interdit de voyager, un opposant politique dénonce un "abus de pouvoir"

Le candidat à la présidence Anicet-Georges Dologuele s'adresse aux médias après avoir voté au bureau de vote de la mairie de Bangui, en Centrafrique, décembre 2020.   -  
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Anicet-Georges Dologuele, figure de proue de l'opposition en République centrafricaine, a dénoncé mercredi un "abus de pouvoir" de la part de l'État après s'être vu interdire de quitter le pays sous prétexte qu'il avait perdu sa nationalité.

Ancien Premier ministre et critique de premier plan du président Faustin-Archange Touadera, Anicet-Georges Dologuele est engagé dans un litige depuis qu’un tribunal a jugé en octobre qu’il avait perdu sa nationalité centrafricaine car il détenait également la nationalité française.

Il a déclaré avoir été empêché de voyager mardi matin alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol à destination d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Il devait assister à une réunion du Fonds de paix de l’Union africaine, dont il préside le conseil d’administration depuis 2018.

"Le ministre de l’Intérieur… a clairement décidé que je n’avais pas droit à un passeport centrafricain et que j’étais interdit de sortie du territoire", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse mercredi, qualifiant cette décision d’"abus de pouvoir de la part de l’État".

Quelques mois avant que le tribunal n’invalide sa citoyenneté centrafricaine, Anicet-Georges Dologuele avait renoncé à son passeport français en août afin de pouvoir se présenter contre le président Touadera à l’élection présidentielle de décembre.

Après que le président sortant a été déclaré vainqueur avec près de 78 % des voix, l’ancien Premier ministre, arrivé en deuxième position, a dénoncé une "fraude massive" et a déposé un recours.

Une grande partie de l'opposition a boycotté le scrutin, lors duquel Faustin-Archange Touadera a été autorisé à briguer un troisième mandat après avoir modifié la Constitution en 2023.

Anicet-Georges Dologuele avait également terminé deuxième derrière Touadera lors des élections de 2016 et 2020, toutes deux entachées de soupçons de fraude.

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