Madagascar : la "Gen Z" toujours absente du nouveau gouvernement

Des partisans malgaches de la "Génération Z" brandissent le drapeau à tête de mort lors d'un rassemblement sur la place du 13 mai à Antananarivo, le 18 octobre 2025   -  
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AP Photo/Brian Inganga

Le dirigeant intérimaire de Madagascar a dévoilé mercredi la composition du nouveau gouvernement de la nation insulaire, toujours sans représentants du mouvement Gen Z qui avait contribué à renverser le président l’an dernier.

Le colonel Michael Randrianirina, qui a pris le pouvoir dans le sillage des manifestations menées par la jeunesse contre les pénuries persistantes d’eau et d’électricité, a limogé son Premier ministre et son gouvernement le 9 mars sans explication.

Cet officier de carrière a nommé Mamitiana Rajaonarison, un ancien policier qui dirige depuis 2021 l’organisme malgache de lutte contre le blanchiment d’argent, comme nouveau chef du gouvernement le 15 mars.

Depuis lors, les deux hommes travaillent à la formation du nouveau gouvernement — tous les candidats aux postes ministériels ayant été soumis à un test au détecteur de mensonges.

Dans la nouvelle équipe dévoilée mercredi par le bureau du colonel, 17 ministres ont été reconduits dans leurs fonctions, notamment aux postes clés de l’intérieur, de l’économie et de la justice.

Accusations de coup d'État

Parmi les nouveaux venus, Alice N’Diaye, ancienne responsable de la Commission de l’océan Indien, prend la tête du ministère des Affaires étrangères, tandis que Radonirina Lucas Rabearimanga, issu de l’Office malgache des hydrocarbures, devient ministre de l’Énergie.

"La nomination des ministres s’est appuyée sur l’utilisation de nouvelles technologies pour mettre en évidence leur intégrité", a déclaré Randrianirina dans son discours mercredi. "Je serai intransigeant : si un seul cas de corruption est signalé dans un ministère, le ministre sera immédiatement démis de ses fonctions", a-t-il averti.

Le colonel a rejeté les accusations de coup d’État, affirmant que la Cour constitutionnelle lui avait transféré le pouvoir de l’ex-président Andry Rajoelina, qui a fui l’île avec l’aide de la France en octobre, à la suite des manifestations.

Il s’est engagé à restituer le pouvoir aux civils dans un délai de deux ans. Selon une feuille de route de transition publiée fin février, Madagascar doit organiser de vastes consultations nationales en 2026, suivies de la rédaction d’une nouvelle Constitution avant une élection présidentielle prévue fin 2027.

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