Les attentats qui ont fait au moins 23 morts et plus d'une centaine de blessés lundi dans la ville de Maiduguri, au nord-est du Nigeria, font craindre une résurgence de la violence djihadiste dans la région.
Nigeria : à Maiduguri, la crainte d'un résurgence de la violence djihadiste
Ces attaques coordonnées n’ont pas encore été revendiquées mais le mode opératoire rappelle celui du groupe Boko Haram.
"L'armée nigériane affronte désormais un ennemi redoutable, qui ne se limite plus nécessairement à l'ISWAP, l’État islamique en Afrique de l'Ouest, mais inclut également le JAS [acronyme désignant Boko Haram]," explique l'analyste Confidence McHarry du cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos.
Située dans l’État de Borno, la ville de Maiduguri est considérée comme le cœur de l’insurrection djihadiste qui secoue le Nigeria depuis plus de quinze ans.
Les attentats-suicides de lundi surviennent après une période de relative tranquillité dans la ville depuis que l’insurrection avait été repoussée vers les zones rurales reculées. Après un pic d’attaques au milieu des années 2010, Maiduguri était plutôt calme depuis quelques années. Les récentes attaques confirment que la menace Boko Haram reste bien présente.
"Le JAS est puissant. Peut-être pas aussi puissant que l’État islamique, sur lequel l’armée nigériane se concentre déjà, mais il est suffisamment puissant pour s’éloigner des seules cibles faciles qui faisaient sa réputation," analyse Confidence McHarry.
"Il est désormais si redoutable qu’il peut non seulement attaquer des cibles dures, comme les bases de l’armée nigériane, mais aussi des cibles faciles dans une ville que beaucoup considéraient comme suffisamment sûre pour que l'armée nigériane puisse en chasser les insurgés," poursuit-il.
Depuis 2009, les attaques djihadistes dans le nord-est du Nigeria, perpétrées principalement par Boko Haram et le groupe djihadiste rival ISWAP, ont fait plus de 40 000 morts et environ deux millions de déplacés, selon les Nations unies.