Une faction de l'Église anglicane désigne un rival à l'archevêque de Canterbury

Les dirigeants de nombreuses Églises anglicanes assistent à un office religieux en marge de leur réunion de la Communion anglicane à Abuja, au Nigeria, le mercredi 4 mars 2026   -  
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Des dirigeants anglicans conservateurs venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine se sont réunis mercredi au Nigeria pour une rencontre de quatre jours susceptible d’influencer l’avenir de l’une des plus grandes communautés chrétiennes du monde.

La conférence est organisée par la Global Fellowship of Confessing Anglicans (GAFCON). Les participants y examinent plusieurs propositions qui pourraient formaliser une rupture avec certaines branches du monde anglican, notamment autour des questions du mariage homosexuel et de la place du clergé LGBTQ+.

Nous préférerions que le GAFCON soit décrit comme une communauté anglicane orthodoxe mondiale, voire comme la communion anglicane mondiale, puisqu’elle représente en réalité la majorité des anglicans pratiquants », a déclaré le vénérable chanoine Justin Murff, chargé des affaires mondiales auprès du secrétaire général du mouvement.

Selon lui, qualifier la situation de « schisme » est trompeur. « Employer ce terme sans nuance ne fait que semer la confusion dans l’esprit du grand public. Nous rejetons explicitement cette formulation. Nous nous considérons plutôt comme la Communion anglicane réorganisée », a-t-il ajouté.

Principalement composée d’Églises du Sud global notamment d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine et représentant certaines des plus importantes provinces anglicanes, cette coalition conservatrice fonctionne en marge de la Communion anglicane officielle basée à Londres. Toutefois, la plupart des Églises membres du GAFCON restent également affiliées à cette Communion.

La famille anglicane remonte à la fondation de l’Église d’Angleterre au moment de la Réforme. Elle se caractérise par une combinaison de théologie protestante et de pratiques liturgiques héritées de la tradition catholique. Son expansion mondiale s’est faite parallèlement à l’Empire britannique et aux missions chrétiennes, avant de connaître un important essor sous l’impulsion de responsables locaux, notamment en Afrique.

42 provinces réparties dans 165 pays

Le Bureau de la Communion anglicane estime aujourd’hui à environ 85 millions le nombre de fidèles répartis dans 165 pays, organisés en plus de quarante provinces autonomes.

La réunion au Nigeria intervient peu après la nomination par l’Église d’Angleterre de Sarah Mullally au poste d’archevêque de Canterbury, une première pour une femme. Cette décision a suscité des critiques de la part de certains dirigeants anglicans conservateurs, principalement en raison de ses positions sur les questions liées aux personnes LGBTQ+.

Dans de nombreux pays africains, l’homosexualité reste un sujet fortement tabou et demeure parfois criminalisée, en vertu de lois héritées de l’époque coloniale ou de législations plus récentes. En Ouganda, une loi adoptée en 2023 prévoit même la peine de mort pour certaines infractions liées à l’homosexualité.

Parallèlement, la Communion anglicane étudie un projet de réforme visant à la décentraliser et à la rendre « moins centrée sur Canterbury », selon un résumé des propositions, afin de mieux refléter le fait que la majorité des anglicans vivent désormais dans les pays du Sud.

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