En visite dans l’est de la République démocratique du Congo, la commissaire européenne à la gestion des crises, Hadja Lahbib, a appelé les groupes armés à garantir un accès sécurisé à l’aide pour des millions de civils. À l’issue de discussions qu’elle a qualifiées de « franches et constructives » avec les dirigeants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), elle a insisté sur l’impérieuse nécessité de respecter le droit international humanitaire.
RDC : à Goma, l’UE exhorte les rebelles congolais à ouvrir des couloirs humanitaires
Goma, épicentre des violences qui ravagent l’est congolais, a servi vendredi de théâtre à un plaidoyer pressant de l’Union européenne en faveur des populations civiles. En mission dans la région des Grands Lacs, Hadja Lahbib a rencontré les responsables de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), coalition rebelle incluant le M23, afin d’obtenir l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés.
« Je suis venue à Goma avec un mandat humanitaire. L’aide doit parvenir sans délai aux populations dans le besoin, via des couloirs humanitaires sécurisés », a déclaré la commissaire européenne à la presse, soulignant la nécessité de protéger les civils. « Le droit international humanitaire doit être respecté pour protéger les populations. Il s’agit d’une responsabilité partagée à l’échelle régionale. J’ai porté ce message à Kinshasa, Bujumbura et Kigali. J’ai reçu des engagements de toutes les parties rencontrées et j’espère qu’ils seront mis en œuvre afin que cette mission porte ses fruits. »
Cette étape à Goma s’inscrivait dans une tournée régionale qui a mené Hadja Lahbib successivement à Kinshasa, Bujumbura et Kigali. À chaque étape, la responsable européenne a réaffirmé le même message : « La situation est catastrophique. Il y a des violations croissantes et flagrantes du droit international humanitaire. Nos travailleurs risquent leur vie pour sauver celle des autres », a-t-elle alerté, se faisant le relais des préoccupations des ONG internationales et des agences des Nations unies opérant dans des conditions extrêmement difficiles, notamment dans les camps de déplacés.
Selon les Nations unies, la RDC traverse l’une des plus graves crises humanitaires au monde, sur fond de conflits persistants et de déplacements massifs. Face à l’urgence, l’Union européenne a mobilisé 81,2 millions d’euros d’aide en faveur de la région des Grands Lacs.
Le M23, que l’ONU et plusieurs pays occidentaux soupçonnent de bénéficier du soutien de Kigali, contrôle de vastes territoires dans l’est du pays, dont les capitales provinciales de Goma et Bukavu, tombées sous son contrôle début 2025. Le passage sécurisé de l’aide humanitaire reste néanmoins entravé, les couloirs humanitaires étant souvent bloqués ou soumis à des restrictions, tandis que le Rwanda rejette ces accusations.
Selon des informations concordantes, des troupes burundaises sont déployées en RDC aux côtés des forces gouvernementales pour contrer le M23. Depuis décembre 2025, des milliers de Congolais déplacés par les violences ont trouvé refuge au Burundi, accentuant la pression sur une région déjà fragilisée.
« Nous devenons le premier acteur global humanitaire au monde, particulièrement ici dans la région des Grands Lacs. Mais il faut nous aider à faire notre travail », a insisté Hadja Lahbib, soulignant la nécessité d’un soutien international fort pour alléger les souffrances des populations civiles.