La Grèce travaille avec l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche et le Danemark à la création de centres de renvoi pour migrants déboutés du droit d’asile, possiblement situés en Afrique.
Migration : la Grèce envisage des centres de renvoi en Afrique
Le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, a indiqué que des réunions ministérielles avaient déjà eu lieu et que des équipes techniques devaient se retrouver prochainement pour avancer sur un dispositif concret. Il n’a toutefois pas précisé quels pays pourraient accueillir ces structures, soulignant que l’option africaine n’était pas exclusive.
Des « hubs de retour » pour les déboutés
Ces centres seraient destinés aux migrants dont la demande d’asile a été rejetée et dont le pays d’origine refuse le rapatriement. Selon Athènes, le mécanisme aurait aussi un effet dissuasif pour les candidats à l’exil ayant peu de chances d’obtenir une protection internationale.
Un premier schéma opérationnel pourrait être présenté dans les prochains mois, même si aucun calendrier précis n’a été avancé pour leur mise en service.
Située à la frontière sud-est de l’Union européenne, la Grèce reste l’un des principaux points d’entrée vers l’Europe pour les personnes fuyant conflits et pauvreté au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. La plupart arrivent par la mer Égée depuis la Turquie ou via la Méditerranée centrale en provenance d’Afrique du Nord.
Le gouvernement grec affirme que les arrivées irrégulières ont diminué de 21 % en 2025 par rapport à 2024, soit environ 13 000 personnes en moins. Sur les cinq derniers mois, la baisse atteindrait 40 %.
Accélérer les retours
Athènes met désormais l’accent sur l’augmentation des expulsions des déboutés de l’asile. Actuellement, entre 5 000 et 7 000 retours sont effectués chaque année, un chiffre jugé insuffisant au regard des 40 000 à 50 000 arrivées annuelles enregistrées, dont près de la moitié des demandes seraient refusées.
La réflexion intervient après l’adoption par le Parlement européen de nouvelles règles migratoires permettant aux États membres de refuser l’asile à des ressortissants de pays considérés comme sûrs ou pouvant solliciter une protection dans un pays tiers.
Dans les prochains jours, Thanos Plevris doit se rendre à Rome pour rencontrer ses homologues italien et espagnol, ainsi que des représentants de pays d’origine, notamment le Pakistan, afin de renforcer la coopération en matière de retours.