Les accusations éthiopiennes selon lesquelles l'Érythrée aurait commis des massacres pendant la guerre du Tigré entre 2020 et 2022 sont des "mensonges éhontés et méprisables," a déclaré mardi à l'AFP le ministre de l'Information érythréen Yemane Gebremeskel.
Accusée de "massacres" durant la guerre du Tigré, l'Érythrée dénonce des "mensonges"
Dans un discours au parlement mardi, le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a accusé l'Érythrée d’avoir perpétré des massacres durant ce conflit qui a opposé le gouvernement fédéral éthiopien aux autorités rebelles du Tigré. Les forces érythréennes étaient alors venues épauler les forces fédérales éthiopiennes.
Ces accusations "ne méritent pas vraiment de réponse," a déclaré Yemane Gebremeskel. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed "et ses hauts responsables militaires ont abondamment couvert d'éloges et de médailles d'État l'armée érythréenne et ses officiers supérieurs jusqu'à hier, tant pendant la guerre que longtemps après sa fin," a-t-il ajouté.
Le premier ministre éthiopien formule ces accusations contre l’Érythrée pour la première fois.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions entre les deux pays. Alors que les troupes érythréennes sont toujours présentes au Tigré, malgré l'accord de paix qui prévoit implicitement leur retrait, Addis-Abeba accuse Asmara de se préparer à une guerre.
En parallèle, l'Éthiopie revendique toujours activement un accès à la mer Rouge, perdu avec l’indépendance de l'Érythrée en 1993.