Khartoum est un vaste chantier après des mois de guerre qui ont ravagé ses infrastructures. Mais la reconstruction de la capitale soudanaise se fait à pas de caméléon.
Soudan : la difficile reconstruction de Khartoum après la guerre
Des impacts de balles sur les murs des bâtiments témoignent du prix fort payé par Khartoum dans le conflit qui oppose les paramilitaires à l’armée.
Des ouvriers déblayent les débris, les vitres brisées et les meubles cassés qui jonchent le sol. La reconstruction de la capitale soudanaise est lancée, mais elle peine à atteindre la vitesse de croisière.
La guerre qui sévit au Soudan depuis près de trois ans n’a pas épargné le tissu économique du pays. Les acteurs du secteur sont dans une situation exsangue.
''Nous avons des obligations financières envers des entreprises, des fournisseurs et de grandes sociétés, en particulier dans le domaine des appareils électriques. Avant la guerre, nous obtenions des marchandises de ces entreprises soit à crédit différé, soit dans le cadre d'accords de crédit spécifiques. Lorsque la guerre a éclaté, nos entrepôts étaient pleins de marchandises et les magasins étaient également bien approvisionnés. Ces marchandises et ces appareils ont été pillés, et nous avons tout perdu.'', raconte Osman Nadir, commerçant soudanais.
C’est dans ce contexte que les autorités ont annoncé le 11 janvier dernier le retour du gouvernement à Khartoum après des mois d’exil à Port-Soudan. L'armée a repris la ville en mars dernier. Les activités reprennent progressivement.
''Par Dieu, le marché n'est pas encore complètement stabilisé. Il y a un peu d'activité, mais elle est lente. Avant la guerre, les affaires étaient florissantes. Après la guerre, les gens viennent, mais lorsqu'ils voient les prix, ils repartent. Quant aux prix, ils sont bien sûr affectés par la guerre.'', explique Abdullah Ahmed Abdel-Majid, commerçant soudanais.
La guerre entre les paramilitaires et l’armée au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé des millions de personnes et provoqué ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».